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Présidentielle: rien ne ressemble à un vote démocratique ce matin à Kara

(mo5-togo.com,   Kara, Togo, 4 mars 2010)


La ville de Kara est loin d’être celle d’un événement de grand jour ce matin du 4 mars 2010, jour du vote pour l’élection présidentielle. Jusqu’à 11 heures GMT les bureaux de vote ont connu peu d’affluence, a constaté l’envoyé spécial de la rédaction du MO5togo.com.

«À quoi bon aller voter, puisque les résultats sont connus d’avance», a déclaré une jeune dame qui affirme n’appartenir à aucun parti politique.

L’impressionnant dispositif sécuritaire observé mardi a quasi disparu. Les abords des bureaux de vote étaient à l’image de la ville: calme. À Kara Sud, Dongoyo, Lycée Kara 2, etc. les rangs étaient clairsemés. A la question de savoir si le peu d’engouement ne serait pas dû aux sympathisants de Kpatcha, le demi-frère incarcéré du président, un jeune homme répond: «En tout cas, moi ce n’est pas pour Kpatcha qui n’est pas innocent; je pensais tout simplement que l’opposition allait boycotter l’élection et je n’ai pas de carte».

Nombreux sont les gens qui déclarent n’avoir pas de carte d’électeur par faute d’inscription. Néanmoins les discussions politiques vont bon train sous des arbres à palabre autour des pots de Tchoukoutou, boisson locale. Cette bonne ambiance contraste avec des scènes observées dans certains bureaux de vote comme à Batascom où les militants du RPT disaient avec insistance aux gens de voter «Waï» , c'est-à-dire le dernier (Faure) sur le bulletin de vote. Ou encore plus grave, au CEG Tomdè où rien ne ressemblait à un vote démocratique. Le président d’un bureau accompagnait des gens qui n’étaient ni aveugles ni impotents jusque dans l’isoloir pour les «aider» à voter. Tout ceci se passait sous les yeux des observateurs nationaux, ceux de l’ONG «Justice et Paix» qui dans leur T-shirt blanc, ne disaient rien. Cette scène montre que tout est organisé comme pour de simples formalités.