Accueil English version
Échos de la Diaspora Échos de partis politiques


Précédent  Suivant
Présidentielle 2010: vaste preuve de manipulation des procès verbaux?

(Savoir News,   Lomé, Togo, 10 mars 2010)


Qu’ont voulu empêcher les agents du pouvoir en faisant une perquisition au centre de traitement des données électorales du FRAC et à l’arrestation du personnel qui y travaillait depuis vendredi dernier? Le pouvoir a arrêté onze (11) personnes dont André Kuévi, l’ancien secrétaire général chargé des questions électorales, seules trois personnes ont pu échapper à la descente des gendarmes. Ils ont procédé à la saisie les ordinateurs et des procès verbaux.

Le capitaine Akpakpo parle d’un soupçon de manipulation des résultats de la dernière présidentielle par l’UFC. L’UFC n’a pas déposé de requête en annulation des résultats de la présidentielle devant la Cour suprême; seul le CAR l’a fait. Et c’est là tout le problème du régime togolais. Pourquoi l’UFC qui n’a pas déposé de recours devant la Cour suprême continue-t-elle à travailler sur les données? En fait, selon les proches de Fabre, il est inutile d’aller jouer le jeu du régime en ayant recours à une juridiction à ses bottes, qui reçoit en plus des ordres de l’État-major des armées.

Le pot aux roses est que le centre de traitement informatique de l’UFC est tombé sur la preuve d’une manipulation des résultats par le régime. La fraude est d’une telle grandeur qu’elle a dépassé tout entendement. Les sbires électoraux du régime ont fait tellement du zèle, chacun de son côté que Faure Gnassingbé a remporté la présidentielle avec plus de 80%, a confié un membre du personnel à mo5-togo.com. La fraude est immense dans les Plateaux mais son ampleur est encore plus inimaginable dans le Nord. Dans la Kozah, l’opposition a zéro voix dans certains cas, dans le meilleur des cas, Fabre a une faible voix. L’unanimité sur la personnalité de Faure Gnassingbé frôle celle de son père au temps du régime de parti unique. Les membres de l’UFC n’en revenaient pas. Faure Gnassingbé a même gagné ailleurs à Lomé. Au nord, il y a une myriade de bureaux où le nombre de votants dépasse largement le nombre d’inscrits, souvent le double voire le triple. Comment cela a-t-il pu être possible? Incompréhensible. Le président de la CENI fut obligé, selon nos sources, de revoir les résultats à la baisse et de proclamer Faure Gnassingbé gagnant à 60%, soit quelque poussière des 61 à 62% programmés et serinés au sein de l’opinion des mois avant la présidentielle.

Il y a un tel chaos dans les procès-verbaux que les dirigeants du FRAC n’osent plus rien dire. Et pire, les copies de PV remises à l’UFC ne doivent pas être les mêmes à la disposition du CAR, puisque le parti du candidat Agboyibo déclare avoir 12% au lieu des 2,2% qu’on leur attribue. Ce qui montre qu’il y a une vaste manipulation des procès verbaux. Les vrais résultats, plusieurs chancelleries l’ont déjà et c’est Jean-Pierre Fabre qui serait le gagnant.

Mais il y a pire: les procès verbaux ont été signés des représentants des candidats dans les bureaux de vote. On nous signale que dans certains cas, les représentants de l’opposition dans les bureaux de vote, peu formés, ont signé les procès-verbaux avant même que commencent les opérations de vote. Ce qui a fait que les fraudeurs des bureaux n’ont fait que remettre les chiffres qu’ils souhaitent. Cela a été notamment constaté dans le Kpélé et le Danyi. Parfois, ils viennent signer alors qu’ils n’ont même pas assisté au dépouillement et ont désapprouvé le PV.

Reste à savoir l’attitude du FRAC et de Jean-Pierre Fabre qui restent dans une situation quasi mutique. Les données de la fraude sont sues des observateurs de la MOEUE qui ont fait le guet pendant des heures devant le centre de traitement des données de l’UFC à l’OCDI. L’UE va-t-elle reconnaître ces résultats? Quelle sera l’attitude de la France qui dit attendre les rapports des missions d’observateurs?

Il est difficile de savoir. Mais ce qui étonne le plus, c’est l’apathie de l'opposition. Jean-Pierre Fabre est fragilisé par la zizanie au sein de l’UFC, le silence de Gilchrist Olympio et du groupe des Ago (les amis de Gilchrist Olympio). Et la reconnaissance des résultats par l’Union Africaine, la Lybie et le Burkina Faso n’est pas de nature à renforcer la position du candidat de l’UFC. Au sein du FRAC, il semble que Kofi Yamgnane n’a pas les moyens diplomatiques dont il se prévaut. La France le soutient-il vraiment? À-t-il des relations à Bruxelles? Des réseaux de la Françafrique le soutiennent-ils? Difficile de savoir. Pourtant, Jean-Pierre Fabre et Kofi Yamgnane sont d’un flegme de marbre. Ils ne semblent pas paniqués et la défaite ne se lit même pas sur le visage. Quelqu’un a confié à notre rédaction que Jean-Pierre Fabre n’attend que le pouvoir et qu’il est sûr que cette année, il sera dans le fauteuil de Faure Gnassingbé malgré les gesticulations.

A contrario, l’agitation est dans le camp du pouvoir. Bawara et Bodjona sont sur tous les fronts. Ils ameutent la soldatesque et la gendarmerie fouillent dans tous les recoins pour dépister tout acte de subversion.