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Contestation des résultats: ça cale à l’intérieur

(Koaci.com,   Lomé, Togo, 3 mai 2010)


Comme s’il n’y avait pas eu de candidats autre que lui, c’est en l’absence des autres postulants à la magistrature suprême, que Faure Essozimna Gnassingbé, a prêté serment ce jour devant une Cour Constitutionnelle, en l’absence du juge Baby Olympio, officiellement malade. Assis seul au début de la cérémonie en face des juges de la Cour, le nouveau Président de la république togolaise pour les cinq années à venir, avait le soutien de ses paires, Boni Yayi (Bénin), John Atta Mills (Ghana), Blaise Compaoré (Burkina-Faso) et le Premier ministre du Sénégal, Soulemane Ndiaye. La France a été représentée par le Député du Rhones, président du groupe amitié France-Togo.

Dans les tribunes de la nouvelle Place des fêtes, non loin du nouveau Palais de la Présidence de la république, l’ambiance est bon enfant. Des cris de joie sans discernement, s’élèvent pour saluer l’évocation des résultats de Faure Gnassingbé, qu’il soit ou non en sa faveur. Le président de la Cour Constitutionnelle, tente de temps à autre de tempérer, en tapant de son marteau magistral, sur la table. Les invités semblaient ennuyés, à la lecture préfecture par préfecture, des résultats. Abdou Assouma à la sortie, réitère sous les ovations, les résultats définitifs tels que antérieurement proclamés et qui font l’objet de contestations populaires, à l’initiative du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), revendiquant la victoire de Jean- Pierre Fabre.

Calme mais serein, le regard anxieux, Faure Essozimna Gnassingbé, observe les hourras qui s’élevaient de la foule agitant des drapelets à son image, à proclamation de son élection par la Cour. S’en suit la lecture par le Greffier en chef près la Cour constitutionnelle, des dispositions de la constitution relatives à l’entrée en fonction du chef de l’État, ainsi que la requête aux fins de déterminations de la fin de mandat adressée par Faure Gnassingbé, à la Cour et l’avis émis en réponse par la Cour.

«Devant Dieu et devant le peuple togolais, seul détenteur de la souveraineté, nous Faure Essozimna Gnassingbé, élu Président de la République, conformément aux lois de la République, jurons solennellement:
- de respecter et de défendre la Constitution que le Peuple togolais s’est librement donnée;
- de remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation nous a confiées;
- de ne nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine, de consacrer toutes nos forces à la promotion du développement, du bien commun, de la paix et de l’unité nationale;
- de préserver l’intégrité du territoire national;
- de nous conduire en tout, en fidèle et loyal serviteur du peuple», tonne dans un calme plat, Faure Gnassingbé. Prestation de serment suivi du rituel d’investiture.

Sur des chansons populaires exécutées par la fanfare de la Gendarmerie nationale, les juges de la Cour se sont retirés. Les chefs d’État présent à commencer par Blaise Compaoré, sont allés saluer le nouveau Chef d’État togolais.

La cérémonie délocalisée dans la banlieue nord de la capitale au lieu habituellement du Palis des Congrès, n’a nullement retenu l’attention des populations au centre ville. Les Togolais ont vaqué à leurs occupations comme si de rein n’était. Comme lors de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Togo, le pays semble divisé en deux.

Le Frac qui n’a curieusement pas choisi de manifester ce jour comme le souhaitaient ses militants, entend reprendre dès mercredi, les protestations avec la veillée de prières puis la marche le samedi.