Deux jours après la cérémonie d’investiture de Faure Essozimna Gnassinbé comme nouveau Président de la République du Togo, le Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), semble résolu à intensifier les mouvements de contestations populaires. Ce mercredi, les militants ont encore massivement répondu à l’appel des leaders du Frac, à la séance de prières pour «confier à Dieu, la résolution de la crise».
Ce sont les pasteur Félicien Lawson et Akuéson qui ont dit la messe dans l’enceinte du Temple de l’Église Méthodiste Salem d’Ahanoukopé, devenu le Temple d’imploration du Seigneur pour les opposants, depuis ce jour d’avril où les forces de sécurité ont commis le crime de réprimer l’opposition qui y est aller pour une séance de prières. Les nouvelles des menaces de mort proférées contre le Président de l’Église Méthodiste, le Révérend pasteur Charles Klagba, ont alors ému l’opinion.
Ce dernier a en retour publiquement répondu en opposant sa vocation sacerdotale, aux usases du pouvoir, tentant de le contraindre à refuser les séances de prières demandées par le Frac. Ce mercredi, le staff de l’Union des forces de changement ( Ufc) était au complet avec Jean-Pierre Fabre en tête. Les bougies qu’on dit redoutées par les tenants du pouvoir, étaient bien de la partie et de toutes sortes. Des plus petites au plus géantes. L’ambiance était à la détermination. Les pasteurs ont pour leur part insisté sur la dignité humaine.
Gilchrist Olympio et ses partisans regroupés au sein de l’Association des Amis de Gilchrist (AGO), dans l’Ufc n’étaient pas présents à la séance de prières. Pour un militant de la poursuite de la contestation populaire après l’investiture de Faure Essozimna Gnassingbé, «la mobilisation de ce jour est un signal aux tenants du pouvoir». Une mobilisation dont la confirmation est attendue encore une fois à Lomé, ce samedi, mais aussi le dimanche à Bassar et à Sokodè supposées être des villes favorables à Faure Gnasingbé, selon les résultats de la Cour Constitutionnelle.
En effet, le Frac prévoit de manifester dans ces deux villes le dimanche prochain dans la matinée. En dehors du fief du leader de Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane, le Frac avait annoncé une marche à Sokodé, le démanche passé. Une manifestation qui a été annulée dans la confusion, avec déploiement des militaires (bérets rouge), de Kara pour encercler la ville. Le Préfet de la localité a indiqué aux responsables du Frac, n’avoir pas obtenu une autorisation de son ministre de tutelle, Pascal Bodjona. Ce dernier a tenté d’interdire les marches de Lomé (1er mai) et celui de Sokodé (2 mai). Finalement celui de Lomé a eu lieu, malgré la saisie par la gendarmerie du matériel de sonorisation de l’Ufc.
Le pouvoir redoute les manifestations à l’intérieur du pays, en particulier dans les villes de la région septentrionale. Faure Essozimana Gnassingbé a été donné vainqueur dans ces villes avec des scores à la soviétiques. Il redoute donc que les manifestations dans ces localités, n’apportent les preuves du hold-up, tout en battant en brèche l’argutie selon laquelle, seules les populations du sud protestent.
Les manifestations de ce week-end seront à plus d’un titre, illustratif de la détermination des togolais. Elles seront bien suivies, d’autant que deux manifestations (Journée morte et journée jaune), lancées par le Frac, avaient échoué, sans toutefois être indicatives d’un essoufflement du mouvement de contestation de l’élection de Faure Gnassingbé