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Délestage et examen: des chasseurs de lumières à Lomé

(koaci.com,   Lomé, Togo, 6 mai 2010)


Plus qu’une semaine désormais, et les élèves des classes de 1ères toutes séries confondues devront restituer leurs acquis au cours de leur examen probatoire. Avant cette échéance, ils s’attellent à la révision de leurs leçons, aussi bien le jour, mais surtout la nuit au cours de veillées. Mais force est de constater que le phénomène de délestage qui sévit depuis quelques mois perturbe ces révisions nocturnes. Face à cela, la parade est vite trouvée, c’est la «chasse à la lumière», qui consiste pour eux à se déplacer au gré des délestages d’un quartier à un autre pour continuer leur révision.

«Allô, il y a de la lumière chez vous?». L’auteur de cet appel téléphonique vient sans nul doute de voir sa révision nocturne en compagnie d’autres camarades, interrompue par une coupure d’électricité. En effet, à l’approche des examens, il est de coutume que les élèves se retrouvent la nuit tombée pour réviser en groupe de travail car selon les dires de l’un d’eux «la nature est plus calme, il y a moins de bruits, on apprend mieux et on est plus concentré. En plus, on est sûr de la disponibilité de tout le monde».

Ces révisions nocturnes qui depuis toujours ont constitué la clé de la réussite de nombres d’élèves sont mises à mal par des coupures intempestives de l’électricité ces derniers mois. Kangni G. élève au Lycée technique d’Adidogomé mais habitant à Agoé n’hésite pas à enfourcher nuitamment son vélo pour aller rejoindre ses camarades de classe en cas de délestage dans son quartier. «On a remarqué qu’on ne coupe pas très souvent le courant à Adidogomé la nuit, aussi, avec des amis on vient y faire nos veillées. Pour être sûr qu’il y a le courant, on appelle d’abord avant de venir.» explique-t-il.

Comme lui, ils sont nombreux ces élèves qui se déplacent de quartier en quartier au gré des coupures d’électricité. D’autres encore, habitant des quartiers où le délestage est quasi quotidien, n’hésitent pas à déménager chez leurs camarades mieux lotis, le temps de la révision. C’est le cas de Trésor N. qui depuis le début du mois d’avril, loge chez son camarade de classe. «On venait travailler chez lui presque tous les soirs. Chez nous, (Gblinkomé) il y a trop de coupures, on est dans la dernière ligne droite de la révision et on doit mettre le paquet, c’est pourquoi j’ai décidé de venir chez lui.» résume-t-il pour expliquer la situation.

Ces coupures d’électricité, malheureusement n’affectent pas que les élèves, ce sont plusieurs secteurs d’activités qui sont durement touchés par ce phénomène de délestage. Il n’est donc pas rare de voir des gens transportant les unités centrales (UC) de leur ordinateur à travers la ville en quête d’électricité pour poursuivre leurs travaux. Les groupes électrogènes, vu la résurgence du délestage sont devenus hors de prix.

La raison de tout temps évoquée par la Compagnie d’Énergie Électrique du Togo (CEET) notamment la maintenance et le maintien de ses installations pour expliquer l’interruption de la fourniture d’électricité ne convainc plus et ne pousse guère à l’optimisme. Aussi les installations annoncées par Contour Global pour, paraît-il, assurer au Togo une indépendance énergétique sont désormais attendues avec impatience par la population qui en a assez d’être dans le «noir».