Une scène insolite s’est produite au dernier jour de clôture pour le dépôt des candidatures, dans le cadre de l’élection présidentielle 2010. Un évènement qui n’est que la suite de ce que certains ont qualifié de «maladie diplomatique» de Gilchrist Olympio et qui devrait baliser le chemin à Faure Gnassingbé, si la candidature de substitution de Jean-Pierre Fabre, n’avait pas été déposée au dernier moment.
La candidature de Jean-Pierre Fabre, était-elle intervenue seulement au dernier moment pour pallier au rejet de celle de Gilchrist Olympio? Plusieurs observateurs en doutent, arguant de la célérité avec laquell, le secrétaire général du plus grand parti de l’opposition, a accompli les formalités de candidature. Mais l’intéressé même rassure, arguant que Gilchrist Olympio, avait été consulté et a même donné son accord en faveur d’une candidature indépendante de Jean-Pierre Fabre, au cas où. Mais Gilchrist Olympio dément et dit avoir été «poignardé».
Lors des tractations, Gilchrist Olympio aurait même demandé à consulter son actuel homme lige, Elliot Ohin. Un des embastillés du Cesal, lors de l’opération de compilation des résultats par l’UFC, aujourd’hui converti en «participationniste, invétéré au Gouvernement Houngbo II. Cet opposant avait pourtant passé toute sa vie, à maudire Edem Kodjo et autres opposants qui à un moment, ont décidé de franchir le pas, avec des fortunes identiques pour la suite de leur carrière politique. L’ancien parti unique, est spécialisé en grillade de modérés.
Toute l’histoire est partie d’un mystérieux accident dont Gilchrist Olympio, en visite chez sa fille, aurait été la victime. À cinq jours de la date de clôture du dépôt des candidatures. Bien curieux de la part de quelqu’un qui a passé l’essentiel du ballet à Ouagadougou, pour obtenir des modifications pour sa candidature. Ce, d’autant que le partenaire de sa fille, ne serait selon certaines indiscrétions, autre qu’un ami à Faure Gnassingbé. Ce qui a amené certains à évoquer l’hypothèse d’une «maladie diplomatique».
Ainsi alité et ne pouvant se déplacer pour accomplir les formalités pour son dossier de candidature, Gilchrist Olympio, envoie tout de même son dossier. Et c’est ici, que tout le plan va à l’eau. Au moment du dépôt de la candidature, seuls trois membres étaient présents. Pour avoir déjà rejeté les dossiers incomplets d’autres candidats, ces derniers décident de faire autant pour celui, du leader de l’UFC.
Commencent alors des appels téléphoniques de la part de certaines autorités politiques et militaires, pour demander au président Tabiou Taffa, d’enregistrer comme tel, le dossier. En particulier, un appel d’un officier patron des renseignements, ainsi que celui, d’un ministre, vont décider le président de la CENI, à se raviser et demander l’enregistrement de tous les dossiers; trop tard, le Bureau politique de l’UFC décide de présenter la candidature de Jean-Pierre Fabre.
Appuyé par certains militants de la 11ème heure comme Djovi Gally, Gilchrist Olympio investit Jean-Luc Homawoo (un activiste du RPT) pour agir en son nom et assigne à son Conseiller Jean-Claude Homawoo, le rôle de persuader Faure Gnassingbé, de faire enregistrer sa candidature incomplète, quitte à la voir rejeter plus tard, par la Cour Constitutionnelle Ce qui priverait l’UFC d’une candidature et ouvrirait la voie royale, à une réélection de Faure Gnassingbé. Agbéyomé Kodjo, ayant sans doute soupçonné la manœuvre, se démarque du frac soutenant le candidat de l’UFC et décide de maintenir sa candidature.
Le stratagème ayant lamentablement échoué du fait de la candidature de substitution, Gilchrist Olympio se met à semer la zizanie, tout le long du processus, cherchant à démobiliser l’électorat favorable à l’alternance et au changement. Mais très tôt, les populations, aidées par l’éclairage des médias, la ténacité, la cohésion ainsi que la détermination des responsables du Frac, se mettent à douter de la position de l’opposant historique. Puis à longueur des épreuves entamées à l’issue du hold-up électoral en faveur de Faure Gnassingbé, le président national de l’UFC, se met totalement à nu et est désavoué par les populations.
Selon certains observateurs, le deal entre Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio date du déplacement mystérieux et solitaire du leader de l’UFC, au lendemain de la présidentielle d’avril 2005.
Gilchrist marchand de victoires électorales?
Au nom de sa popularité, Gilchrist Olympio a toujours insisté pour être malgré tous les obstacles, candidat à toutes les échéances présidentielles. Plus d’une fois, son parti a boycotté des législatives organisées dans un cadre électoral plus favorable, pour cependant se présenter aux présidentielles après des tripatouillages du cadre légal. Les élections présidentielles seraient particulièrement rentables pour le fils du premier président démocratiquement élu du Togo.
Et quand par la force des choses, il ne peut se présenter, il s’arrange pour imposer un candidat de son choix. Celui-là, qui lui assurerait la gestion de la période post électorale, comme s’il avait été lui-même candidat. Puis de déclamations (guérilla politique) en ballets diplomatiques intéressés (sans le candidat) dans certains palais présidentiels, Gilchrist Olympio disparaît pour ne réapparaître que quand une opportunité politique pointe à l’horizon. Soit pour se positionner, ou pour empêcher un leader de l’opposition de prendre l’ascendance et d’en profiter plus tard, pour lui ravir le leadership.
Chose qu’il a cependant du mal à éviter cette fois-ci, avec le parricide politique en cours d’exécution sur sa personne par celui qu’il qualifie de «dauphin», à lui. Un avènement légitimé par l’adhésion populaire au leadership de celui que les populations désignent affectueusement de l’«Obama du Togo», Jean-Pierre Fabre.