Le groupe parlementaire UFC n’était pas présent ce matin à l’Assemblée nationale pour la présentation de la politique générale du gouvernement par le premier ministre Gilbert Houngbo. Sur 27 députés de ce parti, seuls 7 étaient présents au Palais des Congrès, tous faisant partie des «exclus temporaires». Et pourtant, contre le règlement du parlement, ils ont fait une intervention en guise d’explication de leur vote en faveur de la déclaration de politique générale de Gilbert Houngbo. Un droit qui revient normalement au président du groupe parlementaire, en l’occurrence Jean-Pierre Fabre. Au nom de quoi le président de l’Assemblée nationale, Abass Bonfoh a-t-il permis de violer le règlement intérieur? Difficile de savoir mais la réponse est peut-être dans la bouche du député Nicodème Habia: «Jean-Pierre Fabre n’est plus président du groupe parlementaire UFC». À l’UFC, ce n’est même plus de la confusion, l’amateurisme et l’ignorance confinent totalement à la bêtise.
Dans un laïus totalement inepte et indigne d’un député d’opposition, l’intervenant «souhaite que [votre] équipe travaille en parfaite cohésion, en parfaite symbiose et en parfaite synergie pour qu’à l’heure du bilan l’histoire nous donne raison». Peu sûr de lui et peu confiant en la réussite de cette sauce chinoise, l’intervenant déclare de façon prémonitoire « quant à vous Mesdames et messieurs les ministres pas de peau de banane, pas de croc-en-jambe entre vous, s’il vous plaît… Le fiasco de quelques uns sera le fiasco de vous tous.»
Joint au téléphone, le secrétaire général à la communication de l’UFC est très surpris que des individus exclus du parti s’arrogent le droit de s’exprimer au nom du président du groupe parlementaire. «Apparemment, ça atteste d’une évolution rapide de leur part. Depuis qu’ils côtoient le RPT, ils ont rapidement maîtrisé leurs méthodes.»