Les délégations du Bureau national de l’Union des forces du changement (UFC), en mission d’explication à l’intérieur du pays, sont l’objet de menaces et d’intimidations de la part des préfets et des gendarmes. L’information est donnée par le secrétariat national de l’UFC à la communication. Les délégations ont subi des menaces dans les préfectures d’Agou, d’Amou, de Kpélé-Elé et de Cinkassé particulièrement.
Les préfets disent n’avoir pas reçu de lettre d’information de l’UFC ou n’avoir pas été autorisés par le ministère de l’Administration territoriale. En réalité, les partis n’ont pas besoin d’autorisation pour consulter leurs militants dans les fédérations, tant que la réunion ne constitue pas un meeting sur une place publique. Les préfets, aux ordres du pouvoir, sont généralement peu favorables aux partis de l'opposition, et entravent systématiquement leurs activités sur le territoire national.
Le Bureau national a entamé depuis lundi dernier une mission de quatre jours dans les fédérations nationales pour leur donner plus d’informations et des explications sur l’actualité du parti. L’exclusion du président fondateur Gilchrist Olympio et des AGO, le refus du Bureau national de donner sa caution à une participation du parti au gouvernement Gilbert Houngbo II, la convocation d’un congrès extraordinaire en vue de donner un nouveau bureau au parti et une nouvelle ligne, sont au menu de cette mission.
Il s’agit d’une mission difficile pour le Bureau national. La dissidence opérée au sein du parti par Gilchrist Olympio a sérieusement divisé le parti. Certains leaders de fédérations, notamment celles de Tchaoudjo, de l’Oti et du Tône, soutiennent Gilchrist Olympio. Il faut bien noter que la formation des cabinets ministériels crée bien de envies chez des militants qui voudraient bien jouer une autre musique que celle prônée par le Bureau national. Me Isabelle Ameganvi, vice-présidente du parti, avait soulevé ce lièvre en parlant, samedi dernier au cours du meeting à la plage, de l’existence dans leurs rangs de militants qui vont faire bientôt défection.
«Néanmoins, la majorité des fédérations sont ouvertement pro Fabre», assure un dirigeant. Il en est ainsi de la puissante section des Dames de l’UFC, celle qui constituait jusqu’à présent la force de Gilchrist Olympio.
Le Bureau national est en mission alors que son secrétaire général Jean-Pierre Fabre est en France pour rencontrer les autorités. A noter qu’une déclaration du cabinet de Gilchrist Olympio somme Jean-Pierre Fabre de réintégrer rapidement le président national et les AGO avant le 14 juin, sous peine d’être traduit en justice.