Depuis quelques semaines, la pluie s’abat quotidiennement sur la capitale togolaise et commence par provoquer des dégâts dans certains quartiers. Le mercredi 9 juin 2010, trois (3) filles ont péri au quartier Nukafu, emportées par l’eau de pluie qui a inondé leur maison. Une situation récurrente devant laquelle les autorités politiques semblent manquer de solutions.
«L’eau a cassé le mur de derrière et est entrée à vive allure dans la maison. Les enfants étaient dans la chambre. Elles ont été surprises par la vitesse de l’eau et elles n’ont pu se dégager», témoigne Kuevi Ekué, un voisin des victimes qui a réussi à sauver l’une des quatre filles emportées par l’eau dans cette maison inondée. Les trois autres n’ont pas eu la même chance. L’une d’entre elles, Stella (7 ans) a été également sortie de l’eau, quelques heures après l’inondation de la maison par Kuevi et un de ses amis, mais elle n’a pas survécu à l’hôpital. Les corps des deux dernières (Christella et Clarice) n’ont été retrouvés dans l’eau que le lendemain, grâce à l’appui d’un détachement des sapeurs pompiers dirigé par le colonel Agoro.
Le drame s’est produit à côté de «Akpaki bar», un bas-fond situé à environ 500 m au nord du marché de Nukafu, non loin de l’aéroport. Les trois filles, Christella (5 ans), Stella (7 ans) et Clarice (18 ans), vivent ensemble avec leur grand-mère, Afino, dans ce quartier de Lomé habitué aux inondations à chaque saison des pluies. Stella et Christella, élèves respectivement en classe de CP2 et au jardin d’enfant, leur sœur Clarice apprentie, et une de ses amies (l’unique rescapé) sont revenues à la maison vers midi selon le témoignage de certains de leurs voisins dont les maisons n’ont pas été épargnées par l’inondation. Leur grand-mère est sortie pour opérer des achats au marché de Nukafu.
Une grande pluie s’est abattue, le mercredi 8 juin, sur toute la ville de Lomé. À «Akpaki bar», le niveau de l’eau a considérablement augmenté, surtout dans les rues, les maisons étant protégées par les barrages érigés à leur devanture. Sous la pression de l’eau dont le volume continuait par augmenter, un mur de la maison où vivaient Afino et ses petites filles, cède. L’eau coulait à vive allure dans la maison. La plus grande des filles ouvre la porte pour s’enquérir de la situation. Elle sera emportée par l’eau. Les autres la suivent et connaissent le même sort. L’une d’elles s’agrippe à un sac de charbon flottant sur l’eau. Elle appelle au secours mais bon nombre de voisins alertés par ses cris de détresse ne savent pas nager. Seuls deux jeunes hommes du quartier se jettent à l’eau. Ils sortent de l’eau, deux filles dont l’une mourra ensuite à l’hôpital. La vie de l’autre admise à l’hôpital de Bè, n’est plus en danger.
Plusieurs quartiers de Lomé connaissent la même situation que Nukafu. La saison de pluie est un moment de calvaire pour une grande partie des habitants de la capitale togolaise, où des habitats ont été érigés dans des zones inondables. Bien que cette situation ne date pas de cette année, elle n’a jamais provoqué auprès autorités du pays, le désir d’amorcer une politique globale assainissement des quartiers et de construire des logements sociaux pour les populations.