Ce matin, le Palais de justice était comme sous état de siège. Très tôt, des éléments de justice armés de matraques, ont encerclé les voies menant au Palais.
Les militants et sympathisants de l’Ufc et de l’Obuts ont été empêchés d’avoir accès à la grande salle de justice, qui abritait cette audience publique.
L’ancien Premier ministre et président national de Obuts, Agbéyomé Kodjo, était absent. Il a été représenté par son avocat. De l’autre côté, l’avocat de Gaston Vidada et Mme Codjie était également présent. Les deux parties ont déposées leurs conclusions.
Le ministère de l’Administration du territoire, représenté par son Secrétaire général, a répondu à l’assignation forcée déposée par les demandeurs. De son côté, l’avocat de Agbéyomé Kodjo a fait des observations relatives à la comparution du représentant du ministère de l’Administration du territoire. Mais le juge présidant la séance, n’a pas souhaité donner une suite à ces observations.
Il a par contre annoncé que le dossier est clôturé et une date sera arrêtée pour les plaidoiries.
Autour du Palais, il note des échauffourées entre les forces de gendarmerie et les militants de l’opposition. Les hommes du Col. Yark (en mission en Guinée), ont fait usage de gaz lacrymogène, pour disperser les jeunes survoltés. Le Palais de justice est situé à quelques encablures de la Présidence de la République.
Les jeunes partisans de l’opposition ont ensuite rejoint les chauffeurs et Taxi-moto, qui manifestent contre la hausse des prix des produits pétroliers, annoncée le vendredi dernier. Plusieurs quartiers de Lomé sont embrasés. Des voitures 4X4 de la police et de la gendarmerie, les phares allumés, font la ronde de la ville. Ils essayent tant bien que mal de dégager les barricades de fortune érigées par les manifestants.
Au marché de l’Abattoir, des femmes qui ont exprimées leur soutien au Frac et à Jean-Pierre Fabre, samedi dernier, ont eu la visite musclée d’éléments de sécurité. Des femmes disent avoir été violentées. Les forces de sécurité procèdent à des arrestations de certains manifestants dans certains quartiers.
Lomé est en proie depuis trois mois, à des mouvements de contestation de la réélection de Faure Gnassingbé. Chaque samedi, des centaines de milliers de Togolais, participent à une marche de contestation du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac). Le Frac revendique, une victoire de Jean-Pierre Fabre.