Le premier jour de grève des transporteurs a tourné à l’émeute ce matin. Les chauffeurs et les taxi-motos Zémidjans ont monté des barrages sur les routes, bloquant ainsi la circulation dans plusieurs quartiers de Lomé. Les rues de la capitale étaient particulièrement vides dans la mi-journée. Les axes routiers principaux, les routes nationales N°1, 2 et 3 étaient singulièrement perturbées ce matin.
Il y a eu des barrages un peu partout. À Adidogomé, non loin du camp du régiment interarmées (RIA), au rond point des Frères Franciscains et au niveau de la Pharmacie de la Cité et du siège de Café Informatique. À Agoè, on note également de violentes émeutes, ainsi qu’à Nyekonakpoè, Hanoukopé, et dans la bourgade populeuse de Bè où les manifestations furent particulièrement violentes. Un témoin digne de foi a raconté que la répression des forces de l’ordre a fait un mort à Agoè. Selon ce témoin, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule. La police n’infirme pas cette information.
Au Grand Marché d’Adawlato, les étalages étaient vides. Les forces de l’ordre avaient fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants revenant remontés du Palais de Justice. Elles ont poursuivi les manifestants jusqu’au Grand Marché. Selon un témoin, le portier d’un restaurant situé dans la zone du Palm Beach a été poursuivi jusque dans le restaurant et roué de coups. N’eût été l’intervention des employés du Bureau du Haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme (HCDH), difficile de savoir dans quel était serait laissé le malheureux portier.
Compte tenu de l’organisation des manifestations sur plusieurs endroits de la ville de Lomé et de sa banlieue, les forces de l’ordre étaient débordées. On note qu’à Agoè, les gaz lacrymogènes étaient finis et les argousins de Yark Damhane auraient fait usage d’armes à feu.
En rappel, ce matin, des éléments des forces de sécurité étaient également déployés dans la zone du Palais de justice de Lomé pour contenir les manifestants venus soutenir le parti OBUTS dans le cadre du procès en dissolution intenté par deux ex-membres du parti.
Les transporteurs protestent contre l’augmentation du prix de l’essence décidée par le gouvernement samedi dernier. Le prix de l’essence a grimpé de 14,85%, passant de 505à 580F.
C’est la première fois depuis 1993 qu’une grève des transporteurs prend cette ampleur au Togo.