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Pas de trève pour la contestation togolaise ce samedi

(koaci.com,   Lomé, Togo, 28 juin 2010)


La quatorzième de la série des marches hebdomadaire de contestation de la réélection de Faure Gnassingbé, a encore mobilisé une importante foule de mécontents. Organisée à la fin d’une semaine marquée par la décision de dissolution de la formation politique de Agbéyomé Kodjo et la répression aveugle des manifestations de contestation de l’augmentation des prix des produits pétroliers, cette marche suivie du traditionnel meeting d’informations, a été l’occasion pour l’opposition, d’exprimer sa position.

«Posez-vous la question de savoir, qui sont les importateurs des produits pétroliers au Togo? À qui donc profite l’augmentation des prix? Ce sont les mêmes barons du pouvoir», a déclaré l’ancien Premier ministre de feu Gnassingbé Eyadéma, vivement ovationné aux cris de «Obuts! Obuts!», à l’évocation de son nom. Agbéyomé Kodjo a fustigé ce qu’il a qualifié d’amateurisme dans la gouvernance du pays, et affirmé que ceux qui gouvernent actuellement le pays, ont besoin d’être formés à la bonne gouvernance.

Évoquant la décision de dissolution de son parti politique l’Obuts, l’ancien Président de l’Assemblée nationale, dit connaître mieux que ses bourreaux, les textes relatifs aux partis politiques. S’il confirme avoir demandé à ses avocats, de faire appel de la décision, M. Kodjo n’exclut pas non plus de recourir à la Cour de justice de la CEDEAO, en cas manifeste de déni de justice, dans ce dossier. «La victoire est proche. Restons mobilisés derrière Jean-Pierre Fabre et continuons la lutte pour la libération», a-t-il dit sous l’approbation des populations, qui répondent massivement tous les samedis à l’appel du Frac.

Absent du pays depuis un moment, et accusé d’opportunisme, le président de Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane, s’est fait représenter à la marche par un membre de son association. M. Tsikata, s’exprimant en son nom, a dit que M. Yamgnane dit suivre régulièrement la poursuite de la résistance et a annoncé son prochain retour au pays. «Nous devons rester mobiliser», a-t-il également lancé à la foule.

Avant lui, un autre jeune habitant le quartier Agoè, a relaté les échauffourées entre les manifestants et les forces de sécurité et militaires. Affrontements qui se sont soldés par un mort par balle et deux blessés, dont les vies sont désormais hors de danger. Les militaires en faction devant Ecobank, acculés par les manifestants qui pourchassaient des gendarmes ayant vidé leur cargaison de gaz lacrymogène, ont tiré à balles réelles sur les manifestants, avant de prendre la fuite. Un récit qui a provoqué émotion et révolte au sein des manifestants.

Malgré les violences exercées par des éléments des forces de sécurité sur les revendeuses du marché de l’Abattoir, pour être allées exprimer leur soutien au Frac et à Jean-Pierre Fabre, d’autres femmes cette fois-ci venues du quartier Adakpamé, sont venues soutenir le Frac. «C’est pour Jean-Pierre Fabre que nous avons voté le 04 mars. Nous sommes venues lui exprimer notre soutien et lui dire de ne pas avoir peur», a dit la porte-parole de la délégation, sur le podium.

Le meeting a été ouvert par Robert Olympio. Le cousin du président temporairement exclu de l’Ufc, Gilchrist Olympio, a appelé à la mobilisation autour du Secrétaire général du parti. Nous ne souhaitons que comme par le passé, une seule personne décide de l’avenir du parti. Nous voulons que ce soit le parti de tous. Pour y parvenir, nous nous devons de contribuer aux finances du parti», a-t-il dit. Ancien cadre de banque, M. Olympio s’est également érigé contre l’augmentation des prix des produits pétroliers, intervenues sans concertations avec les partenaires sociaux du gouvernement, la semaine dernière.

C’est un Jean-Pierre Fabre un peu remonté qui a clôturé le meeting. Le candidat du Frac à la dernière élection présidentielle, évoquant les bavures policières, a dit que même «un seul mort est de trop!». M. Fabre a appelé les Togolais à se mobiliser et à faire en sorte que les Togolais ne soient plus sujets à la mort expiatoire. Il a indiqué que le Frac est en réflexion à cet effet, pour organiser une manifestation, dont il n’a pas souhaité donner des détails. «Ce n’est pas une prophétie quand M. Kodjo vous dit que la victoire est proche», a indiqué M. Fabre, ajoutant qu’il suffit de voir les actes que pose le pouvoir ces derniers temps.

La situation est explosive. Le gouvernement est ferme sur le maintien des nouveaux prix. Syndicats et organisations de défense des droits humains et de consommateurs, promettent de ramener le pouvoir à la raison. Un préavis de grève de 24 heures, pour la journée du 02 juillet est déposé devant le gouvernement. Pour ce qui concerne la grève dans le secteur de la santé, elle a été suspendue au troisième jour, suite à un accord intervenu entre le gouvernement et le Synphot. «Reste à être vigilant sur le respect de cet accord», nous a confié un médecin ce matin.