La mobilisation du FRAC ce samedi dans le cadre de la marche hebdomadaire pour la revendication de la victoire de Jean-Pierre Fabre, a dépassé les attentes. Difficile de savoir si c’est la conséquence des vacances scolaires ou tout simplement l’effet escompté de la visite de Fabre aux sinistrés des banlieues de Lomé. Toujours est-il que la dix-septième marche du FRAC a mobilisé plus d'une centaine de milliers de personnes, surtout les jeunes.
Alors que la classe politique entre en vacances, les dirigeants du FRAC (absents depuis quelques temps) rentrent en force. Ainsi on a constaté la présence de Me Abi Tchesa du PSR et Aimé Tchaboré Gogué de l’Addi. Clifford Sanvi de Sursaut Togo a annoncé le retour de Kofi Yamgnane dans les tout prochains jours. À ces derniers, ce sont ajoutés, les réguliers Jean-Pierre Fabre, Patrick Lawson et le très sollicité Agbéyomé Kodjo.
Le président de l’Addi, Aimé Tchaboré Gogué n’a pas attendu longtemps pour enfoncer le clou, prenant l’actualité nationale à témoin. «J’ai été surpris par le ministre de la justice, Kokou Tozoun, intervenir à la télé vendredi dernier et déclarer que ceux qui ont investi dans RéDéMaRe aiment le gain facile. C’est incroyable, mais il faut qu’il sache que le gouvernement a la responsabilité de contrôler les activités des organisations de surcroît financières à qui il délivre des autorisations d’installation. Le ministre des finances devrait contrôler RéDéMaRe et il ne l’a pas fait. C’est de sa faute et nous allons nous mobiliser pour apporter tout notre soutien à ceux qui ont épargné leurs maigres ressources à RéDéMaRe. Le gouvernement doit payer tous ceux qui auront perdu leurs placements à RéDéMaRe. Au Bénin, le ministre de l’intérieur est en prison. En Albanie, quand ça s’est produit, le gouvernement a été balayé. Le gouvernement de Faure Gnassingbé doit payer et c’est pour ça que nous devons nous mobiliser pour qu’ils ne laissent pas RéDéMaRe partir avec l’argent des Togolais», a affirmé M. Gogué.
Pour Me Abi Tchesa, il n’est pas normal que certains «partent défiler sur les Champs Élysées ou aller se prélasser aux Évalas, quand des Togolais sont sinistrés. Il n’est pas normal que les Togolais paient pour satisfaire les plaisirs de leurs dirigeants. Je me demande encore si ces gens-là méritent d’être au 14 juillet qui correspond à la prise de la Bastille, à la mise à mort de l’oppression de millions de Français», s’est interrogé le président du PSR. «Ici, toute la richesse du pays est confisquée par un clan; ce n’est ni une ethnie ni une région, mais un clan. Il faut mettre fin à tout ça, c’est pourquoi nous devons continuer par marcher pour que ça change».
Clifford Sanvi, membre de Sursaut-Togo, est venu délivrer un message de Kofi Yamgnane. Absent depuis plusieurs semaines du pays, Kofi Yamgnane est soupçonné d’avoir déserté les rangs du FRAC. Le président de Sursaut-Togo a mis fin à ses supputations en réaffirmant son engagement aux côtés du FRAC. «Dans un conflit, on n’engage pas tous les soldats sur un même front (…) et je mène le combat sur d’autres fronts», a lu Clifford Sanvi qui a annoncé le retour imminent de l’enfant du crocodile de Bapuré, «le monstre de Bassar».
Dernier intervenant clôturant ce meeting, Jean-Pierre Fabre revient encore sur l’un des postulants idéologiques de sa stratégie de combat, à savoir la quête de la dignité du citoyen togolais. «Il faut montrer à ses gens que nous sommes des êtres humains. On a laissé trop longtemps l’inacceptable se produire dans ce pays depuis plus de quarante ans. Et c’est parce que nous avons laissé Eyadema bafouer notre dignité que ses fils aussi le font allègrement en nous laissant dans la misère crasse», a déblatéré celui qui représente le nouveau leadership de l’opposition togolaise.
«Qu’est ce que ce pays où les gens prient pour qu’ils ne pleuvent pas? Je vous le dis encore une fois, depuis 2007 les eaux chassent les gens des maisons, trois ans après, la situation perdure. Si nous ne faisons rien, en 2011 ne soyez pas surpris d’être encore dans les eaux», a ajouté Jean-Pierre Fabre. De plus en plus, Jean-Pierre Fabre devient un homme à thèse qui distille depuis deux semaines son idéologie de la libération, qui passe à la fois par la lutte pour la dignité, laquelle passe nécessairement par la souffrance, avant de déboucher sur une libération totale. Laquelle libération doit être menée par les leaders qui doivent être devant.
«Nous leaders du FRAC sommes déterminés à rester toujours devant pour conduire le combat. Et s’il y en a parmi eux qui savent tirer, eh bien qu’ils tirent! Rien ne nous arrivera», a conclu le président élu selon le FRAC.
L’opposition vient de finir sa dix-septième marche depuis la proclamation des résultats controversés de la présidentielle. Chaque jour qui passe apporte son cortège de mécontentements et la crise ne cesse de s’exacerber; chaque samedi, la mobilisation pour la marche ne cesse de grandir. Le Togo va progressivement vers un tournant mais nul ne saurait dire justement quand et comment ça va se terminer.