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Interview de Jean-Pierre Fabre et Patrick Lawson: ce que le peuple soutient ne disparaît jamais

(mo5-togo.com,   Lomé, Togo, 7 août 2010)


En marge de la réunion du Bureau national, tendance Fabre, de l’Union des forces de changement (UFC) tenue au siège du parti le 05 août dernier, réunion élargie aux fédérations, les honorables Patrick Lawson, le premier vice-président de l’UFC et Jean-Pierre Fabre, le Secrétaire général de l’UFC ont répondu aux médias présents. Ils se sont prononcés sur la problématique de leur prochain Congrès. Un journaliste du MO5-Togo était de la partie. Lisez:


Comment pensez-vous régler le problème de deux congrès devant l’administration territoriale.

Patrick Lawson: On l’a déjà dit, on le sait d’avance. Nous on a le peuple avec nous, on a le peuple derrière nous. Les AGO ont la justice et l’administration territoriale pour eux. Mais nous notre congrès on le tiendra. S’ils ferment les portes on le fera dans la rue, s’ils nous chassent de la rue, on ira le faire à la plage. Mais nous ferons notre congrès, que cela soit clair.

L’objectif des travaux de ce jour?

Patrick Lawson: Quand nous avons un congrès, on fait d’habitude des tournées. On a envoyé plusieurs fois des délégations mais vous savez qu’il est propagé un peu partout que les AGO auraient 29 fédérations ou 30 fédérations, on a voulu tout juste le prouver. Première chose, 35 fédérations sont là représentées par leurs responsables, la deuxième chose c’est que nous avons voulu débattre d’un certain nombre de choses entre nous et c’est le congrès qui nous a pris de court. Cette rencontre était prévue de longue date mais étant donné que nous avons été contraints d’organiser le congrès plutôt que prévu, donc il y a eu une coïncidence entre les deux événements et nous pensons également que c’est une bénédiction divine parce que cela nous a permis d’échanger entre nous et de poser tous les problèmes de fond du point que j’allais dire les congressistes, ont fini par dire qu’on a réglé la plupart des problèmes, donc nous c’est l’objectif qui était le nôtre, nous comprendre. Nous avons les fédérations, le plus grand nombre avec nous.

Si le congrès est empêché par l’autorité, quelle est votre porte de sortie?

Patrick Lawson: Je vous l’ai déjà dit, eux aussi le savent, nous ne reculons devant rien surtout quand on a le soutien populaire; rien ne nous fait peur. Quand nous avons commencé ce parti et que nous avons commencé à organiser des manifestations parfois le 13 janvier au Foyer Pie XII, nous nous retrouvons parfois avec 13 ou 15 personnes et peut-être avec beaucoup de générosité avec 1 ou 2 journalistes, et ça ne nous a pas découragés. On a commencé à faire des manifestations de rue, parfois on était 100, des fois 200, ça ne nous a pas découragés. Nous, nous ne connaissons pas le mot découragement, pour la simple raison que tout ce que nous faisons, nous le faisons pour un objectif précis: c’est le mieux-être du peuple togolais, donc nous ne nous posons pas de questions sur les coups qu’on peut recevoir. Notre congrès, nous disons qu’on le fera. L’administration territoriale n’est pas le juge des partis. Nous ferons notre congrès. Je vais vous dire une chose, c’est parce que nous sommes des combattants que nous tenons à organiser ce congrès, sinon vous même vous avez des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. On avait une solution, c’est de laisser une coquille vide à AGO et vous verez tout ce monde qui nous suit venir dans le nouveau parti que nous aurions créé, mais on se le refuse car quand on mène un combat politique on n’abandonne pas au premier coup. Nous allons nous battre jusqu’au bout. Il faut que la justice togolaise nous arrache notre emblème, il faut que la justice togolaise nous arrache notre slogan, il faut que la justice togolaise nous arrache notre hymne et enfin il faut que la justice togolaise nous arrache notre conscience. S’ils ne le font pas sur le papier, ils auront l’UFC, mais l’UFC réelle dans la conscience des Togolais, ce sera nous. Il suffit qu’on entende nos noms, on dira c’est un membre de l’UFC. Voilà la réalité. Ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent, mais l’UFC demeurera. Le CUT on l’a abandonné, on l’a supprimé en 1963 mais il a fallu la Conférence nationale même pas la conférence, la révolution du 05 octobre pour que le CUT soit ressuscité. C’est nous même qui avons changé de nom. Ce que le peuple soutient ne disparaît jamais.

Vous dites que vous allez faire le congrès quoiqu’il arrive. La dernière fois aussi à la plage vous avez annoncé que vous irez à Kpalimé quoiqu’il arrive et là ils ont fermé la route, ils ont mis des gendarmes et vous avez fait demi-tour. Le 10 août, ils vont mettre les gendarmes en exécution qui vont vous barrer la route, vous irez dans la rue ils vont vous déloger de la rue avec des gaz lacrymogènes, il faut qu’on soit plus concret, il faut qu’on sorte des théories, comment comptez-vous faire pour arriver au bout, parce que le peuple a besoin de savoir?

Jean Pierre Fabre: J’aimerais dire à notre petit frère qu’il est jeune et il pose des questions conformément à sa jeunesse. Il y a des problèmes qui se posent, nous sommes déterminés à aller où nous voulons et nous disons, quel que soit ce que fera le RPT à moins qu’on nous dise qu’on a décrété au Togo le retour au parti unique, et nous nous battrons. Nous ferons ce que nous voulons et ce que nous pensons devoir faire. Notez que nous irons à Kpalimé. Vous croyez qu’il est normal que moi je vais aller à Tsévié rencontrer la fédération de Tsévié et qu’on nous interdit d’y aller? Si nous n’avons pas recommencé, c’est parce que nous avons tout un programme. Nous irons à Kpalimé, nous irons à Tsévié. Mais nous ne sommes pas là pour dire que nous allons faire ceci, nous allons faire cela. Nous sommes des gens déterminés, nous avons des objectifs à atteindre dans le cadre de l’instauration de la démocratie dans notre pays et nous atteindrons ces objectifs. Nous sommes des lutteurs, nous n’avons pas dit que nous sommes fatigués de lutter et que nous allons collaborer avec le RPT. Nous avons dit que conformément à la volonté du peuple nous lutterons pour arracher la démocratie.

Maintenant, il y a un conflit au sein de l’UFC, les choses sont claires même si certains s’emploient tous les jours à noircir le tableau. Il y a M. Olympio qui a adopté une attitude que conteste le Bureau National et je vous dis que nous sommes le Bureau National et nous n’allons pas faire le décompte pour voir combien nous sommes et combien nous ne sommes pas. Comment pensez-vous que nous ayons pu garder le siège si nous ne sommes pas majoritaires? Vous pensez que nous avons des gendarmes pour nous garder. C’est automatique, nous sommes au siège parce que le Bureau National siège au siège. Je crois que nous affrontons une situation d’arbitraire. C’est comme ça que nous avons fait depuis toujours et plus précisément depuis 1992, nous sommes là et nous luttons pour arracher ce que nous estimons comme notre droit.


Interview réalisée le 05 août 2010 et transcrite par MO5-Togo.com