Comme le samedi dernier, la marche hebdomadaire du Front républicain pour le changement et l’alternance (Frac), a été empêchée ce matin à Lomé, par un impressionnant dispositif des forces de sécurité. Tôt le matin, gendarmes et policiers ont été déployés aux différents points névralgiques de la capitale. Des points de contrôles sont érigés aux entrées de la ville, où des fouilles sont opérées sur les voitures qui y entrent.
Au lieu de rassemblement d’où part la marche pour la contestation du hold-up opéré à l’issue de l’élection présidentielle du 04 mars, les policiers et gendarmes attendaient, matraques et gaz lacrymogènes aux points. En ville, des voitures avec à bord des éléments des forces de sécurité, faisaient la ronde. Le dispositif était aussi dissuasif que disproportionné par rapport au caractère pacifique de la manifestation.
Nonobstant, les jeunes bien que discrets et disséminés aux différents coins du lieu de rassemblement, attendaient l’arrivée des leaders du Frac. Mais ces derniers en l’absence de Jean-Pierre Fabre, ont été empêchés de« descendre de leur voiture ou de susciter le rassemblement des militants. On signale l’arrestation d’un militant de l’opposition. «Nous n’allons pas non plus baisser les bras. Mercredi, nous nous retrouverons pour la séance de prière et samedi, nous appellerons à une autre marche», nous a confié Eric Dupuy, chargé de la communication de l’Union des forces de changement (Ufc).
Depuis jeudi, l’élu présumé du Frac, Jean-Pierre Fabre est absent du pays. Des rumeurs le disent en voyage à Ouagadougou, à la demande du Président du Faso, Blaise Compaoré. Le facilitateur désormais contesté dans la crise togolaise, aurait demandé à rencontrer le nouveau leader de l’Ufc. Une semaine plus tôt, M. Fabre aurait rejeté des propositions de sortie de crise, soumises par un conseiller du président Compaoré, qui l’aurait rencontré à Lomé.
Le pouvoir qui semble avoir durci le ton depuis la tenue du congrès de l’Ufc/Ago avec sa bénédiction, tente à présent d’interdire toute manifestation de protestation. Malgré une lettre d’information adressée aux ministres de l’administration du territoire et celui de la Sécurité, par deux formations politiques membres du Frac, la marche de ce jour a été empêchée sans aucune notification dans ce sens aux organisateurs.
Prochaine curiosité, la cérémonie de passation de service entre Lawson Patrick (vice-président de l’Ufc) et Brym Djabackté ( Vice-président désigné par Gilchrist Olympio). Pour cette cérémonie qui doit se dérouler lundi matin au siège de l’Ufc, Jean-Pierre Fabre a demandé aux militants de se mobiliser autour de l’évènement. Le siège du parti est interdit aux militants et responsables, depuis plus d’une semaine, par un cordon des forces de sécurité.
Le quartier qui abrite le siège de l’Ufc est très hostile au parti au pouvoir et à présent à Gilchrist Olympio, désormais considéré comme un traître à la cause du changement et de l’alternance.