Réunis en assemblée ce matin, du mercredi 1er septembre à Lomé, des journalistes ont donné naissance à une organisation, dénommée «S.O.S Journaliste en Danger». Selon son Coordinateur provisoire, la nouvelle association a pour principaux objectifs:
«- La défense du libre exercice de la liberté de la presse au Togo;
- L’assistance aux médias et journalistes en danger;
- La mobilisation des organisations nationales et internationales au secours des journalistes et médias menacés;
- La création d’une synergie d’action entre journalistes, etc.».
En deux semaines, le Chef de l’État a déposé cinq pliantes en diffamation et publication de fausses nouvelles contre trois publications. Des rumeurs circulent sur un projet d’élimination physique de certains journalistes critiques vis-à-vis du pouvoir de Faure Gnassingbé. En plus, un reporter du quotidien, «Liberté» a été menacé par un coopérant français. Le frère du Chef de l’État, Mey Gnassingbé, a fait condamner le journal «Tribune d’Afrique» a payé 60 millions de francs Cfa. Sur un autre plan, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a tenté de faire supprimer les émissions interactives sur deux radios privées.
«Nous avons fait le constat avec regret que des journalistes font l’objet de menaces verbales et physiques et que le Chef de l’État s’est mis à multiplier des plaintes contre les journalistes critiques», a expliqué Ferdinand Ayité. Selon le Directeur de publication de l’hebdomadaire «L’Alternative», «la plus grande crainte aujourd’hui, c’est que la justice togolaise ne donne pas des gages d’indépendance», a-t-il souligné.
Même son de cloche chez son collègue de l’Hebdomadaire «Le Canard Indépendant», Augustin Améga. «Nous avions déjà été mis au courant de ce que le gouvernement a décidé à l’issue d’une rencontre à Kara, de museler la presse critique. Quand on sait que le pouvoir se sert déjà de la justice pour régler des comptes à des hommes politiques, on ne peut que s’organiser pour sauver la liberté de presse au Togo», a-t-il affirmé avant d’ajouter «le concept de diffamation du Chef de l’État, est un fourretout c’est pour cela que même Gnassingbé Eyadéma en son temps a accepté le dépénalisation de ce délit de presse au Togo».
S’exprimant sur la question, l’ancien Secrétaire français d’origine togolaise, Kofi Yamgnane a fustigé l’inculture politique des tenants du RPT. «Le RPT veut redevenir un parti unique. C’est de l’inculture. La presse doit continuer y compris de façon clandestine pour faire savoir se qui se passe au Togo».
Secoué par la contestation populaire depuis l’annonce de la réélection de Faure Gnassingbé, à l’issue de l’élection présidentielle du 04 mars 2010, le pouvoir a visiblement fait le choix d’étouffer la contestation par la méthode forte. Pendant que les manifestations du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac) sont empêchées, que l’Organisation pour bâtir dans l’Unité un Togo solidaire (Obuts) de Agbéyomé Kodjo, fait l’objet d’une tentative de dissolution par voie de justice, la presse critique fait l’objet d’une floraison de plaintes assimilables à des procès politiques.
Sur un autre volet, les responsables du Mouvement pour le changement et l’alternance (MCA) Guillaume Coco, Fulbert Attisso et coaccusés incarcérés à la prison civile de Kara, ont été libérés. D’autres prisonniers politiques comme Koffi Folikpo, sont encore en détention.