Scène de violences à Lomé ce midi, sur les leaders du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), à Lomé. Pour empêcher pour la troisième fois consécutive, la veillée de prières du Frac au Temple Méthodiste Salem, les gendarmes n’ont pas mis dans la dentelle. Selon nos confrères qui couvraient la scène, les éléments du Lt-Col. Yark Damehane ont usé de jets de gaz et de leurs matraques, pour réprimer les leaders de l’opposition.
«Ils ont été surpris de se voir face à face avec Jean-Pierre Fabre, qui a débarqué d’une voiture autre que la sienne. Se sont alors engagées entre le leader du Frac et les gendarmes, des discussions qui n’ont duré qu’environ 1 minute, puis les gendarmes ont tenté de nous éloigner en lançant à notre endroit, des gaz lacrymogèns», nous a confié un confrère. Selon nos informations, le nouveau président national de la plus importante formation politique de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a reçu des coups de matraques dans le dos. Déjà le samedi dernier, la voiture de celui que le Frac présente comme l’élu de la dernière élection présidentielle, a fait l’objet d’un attentat de la part des gendarmes.
Plus tard, le ministre de la Sécurité a sorti un communiqué pour affirmer que, l’explosion du pare-brise arrière de la voiture de Jean-Pierre Frac, a été occasionnée par des jets de pierres de militants, surexcités.
Également présent aux côtés de ses compagnons Jean-Pierre Fabre et Agbéyomé Kodjo ce matin, le Secrétaire général de l’Alliance pour le développement et la démocratie intégrale (Addi), Alphonse Kpogo, a été blessé au front. «un gendarme lui a cogné le front à l’aide d’un gaz lacrymogène», nous a confié un témoin rencontré sur les lieux du rixe, peu après. Les deux responsables du Frac ont reçu des soins à la Clinique Fiadjoé et ont rejoint leur domicile. «Leur état n’est pas inquiétant», nous a confié une source proche du Frac.
Très tôt dans la matinée, des gendarmes ont été positionnés aux entrées du Temple, alors même que la séance de prières n’a fait l’objet d’aucune interdiction officielle. Une entrave à la liberté de culte que l’on ne saurait comprendre dans un pays où le parti au pouvoir a organisé à l’occasion de son 41ème anniversaire, des cultes, la semaine passée.
Comme c’est le cas depuis le début de la «résistance populaire», des militants de l’opposition avaient encore répondu à l’appel du Frac, pour cette séance de prières. Aucune arrestation n’est signalée pour l’instant. Cinq mois après l’élection présidentielle, la contestation populaire de la réélection de Faure Gnassingbé se poursuit avec la même détermination des responsables et militants de l’opposition regroupée au sein du Frac.
En fin d’après midi, malgré la libération sous condition des responsables du MCA, intervenue à Kara, leurs avocats ainsi que le président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (Ltdh) ont décidé de passer la journée dans la ville natale du Chef de l’État, pour éviter d’être surpris par la tombée de la nuit. Fulbert Attisso (journaliste et écrivain), Guillaume Coco et les autres, rejoindront donc Lomé, demain jeudi 02 septembre.