Dans une déclaration remise à la presse, Jean-Pierre Fabre a raconté la scène de violence dont il a été victime le mercredi dernier et annoncé une plainte contre le présumé auteur.
Le président national de l’Union des Forces de Changement (UFC), Jean-Pierre Fabre, a été violenté le mercredi par un capitaine de gendarmerie, a-t-il révélé dans un communiqué remis à la presse. «Le mercredi 1er septembre 2010, j’ai été victime d’une lâche agression perpétrée par le capitaine Kondo de la gendarmerie nationale. Grâce à Dieu, je m’en suis sorti, mais avec quelques blessures», a affirmé le président du groupe parlementaire de la plus importante formation de l’opposition parlementaire. Cette scène de violence s’est passée aux alentours du Temple Méthodiste de Salem, où le Frac organise sa veillée de prières hebdomadaire.
Pour empêcher pour la troisième fois consécutive, la veillée de prières du Frac, les gendarmes n’ont pas mis dans la dentelle. Selon nos confrères qui couvraient la scène, les éléments du Lt-Col. Yark Damehane ont usé de jets de gaz et de leurs matraques, pour réprimer les leaders de l’opposition. «Ils ont été surpris de se voir face à face avec Jean-Pierre Fabre, qui a débarqué d’une voiture autre que la sienne. Après de brèves discussions avec un gendarme, il s’est retourné vers sa voiture et subitement, les gendarmes ont tenté de nous éloigner en lançant à notre endroit, des gaz lacrymogène», nous a confié un confrère.
Également présent aux côtés de ses compagnons, Jean-Pierre Fabre et Agbéyomé Kodjo, le Secrétaire général de l’Alliance pour le développement et la démocratie intégrale (Addi), Alphonse Kpogo a été blessé au front. «Le capitaine Kondo, visiblement responsable du dispositif, s’est avancé vers moi. Il a commencé à s’agiter, vociférant des ordres dans tous les sens. Après avoir donné, d’une grenade qu’il tenait dans la main, un coup sur la tête d’Alphonse Kpogo, secrétaire général du parti ADDI, il a tiré cette grenade sur la vitre arrière de mon véhicule. Il a jeté d’autres grenades, notamment sous le véhicule et autour du véhicule.», a décrit M. Fabre, qui a annoncé avoir vu au total trois blessés, dont un journaliste. Les deux responsables se sont après rendus à la Clinique Fiadjoé, pour y recevoir des soins et faire constater les hématomes.
«Ce qui vient de se produire n’est donc pas un hasard. C’est l’exécution d’un complot visant à me liquider physiquement» a-t-il poursuivi avant d’annoncer «il ( le capitaine Kondo : Ndlr) répondra de ces actes devant les tribunaux». Selon M. Fabre qui avait qualifié cet officier de «récidiviste», c’est ce dernier qui a donné l’ordre de tirer la grenade qui a fait voler en éclats, le pare-brise arrière de sa voiture, le samedi 28 août 2010. «Le climat politique dans notre pays se dégrade de manière avérée. Ce constat est fait par tous les observateurs qui assistent quotidiennement aux dérives liberticides, aux graves atteintes aux droits humains et aux violations de la loi perpétrées par l’attelage Faure Gnassingbé/Gilchrist Olympio», a-t-il insisté.
«C’est un acte gravissime», a de son côté déploré l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, qui s’est demandé si «ceux qui nous dirigent sont devenus fous». Le président de l’Obuts, parti d’opposition en instance de dissolution par voie judiciaire, a également déclaré qu’ils vont porter cette forfaiture devant «les juridictions, les institutions internationales et les chancelleries». Visiblement remonté, M. Kodjo a dit ne pas comprendre le silence de Faure Gnassingbé, malgré tout ce qui se passe dans le pays, fustigeant au passage, ses voyages, «qui coûtent très chers au pays».
Les récentes bavures policières directement dirigées contre Jean-Pierre Fabre, ne semblent pas le décourager. «Je serai encore samedi prochain à Kodjindji pour la marche de protestation hebdomadaire. Aucun texte ne nous interdit de manifester et ce ne sont pas ces actes d’intimidation qui vont me dissuader de continuer la lutte pour mettre fin à la barbarie au Togo», a-t-il conclu.