Dans quelques semaines, le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) et ses partis alliés commémoreront les 2 ans de l’instauration de cette tradition de marche de protestation des samedis dénonçant les dérives du pouvoir et particulièrement, le hold-up électoral opéré par Faure Gnassingbé et son clan aux dernières présidentielles. Bientôt 2ans, et les militants et sympathisants du FRAC ne démordent pas. Ils étaient nombreux encore dans les rues aujourd’hui.
Au meeting qui a suivi la marche, ce samedi 21 janvier 2011 à la plage de Lomé, la venue de la Secrétaire d’Etat des États-Unis, Hillary Clinton en début de semaine dans notre pays, a dominé le tour des interventions des différents leaders qui se sont succédé sur le podium.
Claude Améganvi du Parti des travailleurs a choisi un rappel historique, pour montrer le rôle trouble et ambigu qui est celui des États-Unis dans l’histoire politique douloureuse et tragique du Togo. «C’est l’Amérique qui a livré feu président Sylvanus Olympio à la France, qui l’a achevé à travers les balles d’Étienne Eyadema», rappelle l’homme politique, toujours tout de blanc vêtu et la longue canne peinte de couleur orange à la main. On eut dit son bâton de pèlerin. Toute une litanie de diatribes a été dite par le Secrétaire général du P.T. qui a conclu par cette interrogation: «Faure, en présentant Gilchrist à Hillarry, a-t-il eu le courage de lui dire que c’est le fils du premier président togolais que votre État a livré à la France pour l’assassiner?» Pour ce dernier, les États-Unis sont dans la continuité d’une politique d’hypocrite entamée depuis des décennies au Togo.
Prenant la parole en dernier ressort au cours du meeting, Jean-Pierre Fabre, le président national de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), estime que Gilchrist Olympio n’est pas de l’opposition. «Gilchrist ne peut pas être avec le pouvoir et être à la fois dans l’opposition. C’est une incohérence innommable. Les autorités l’ont présenté à Mme Clinton, comme elles sont libres de faire ce qu’elles veulent…», signale Jean-Pierre Fabre. Il trouve par ailleurs, qu’une telle présentation est comparable à la présentation que les paysans français font, par exemple, au cours de la Foire de l’agriculture, en présentant leurs bêtes, en vantant les mérites liés à leurs pelages ou leurs poids.
Auparavant, M. Godé du Pacte socialiste pour le Renouveau (PSR) dirigé par Me Abi Tchessa, croit savoir que le passage d’Hillary Clinton ne fait ni chaud, ni froid aux Togolais qui meurent de faim et dont les droits basiques sont bafoués.
Cependant, Patrick Lawson, le 1er vice-président national de l’A.N.C, faisant visiblement fi de la redondance, a choisi plutôt de décocher sa flèche dans une autre direction. «Je vous avais souhaité en début de cette année de résister et de vous défendre. Dans cet ordre idée, nos amis et collègues des Organisations des droits de l’homme ont vaillamment donné le ton, suivis de nos frères et sœurs les journalistes… Chers amis Zémidjans, (conducteurs de taxi motos), qu’attendez-vous pour manifester vos droits? Nos mères et sœurs des marchés, nous savons tout ce que vous souffrez… mais résistez. Car bientôt, les élections, on va encore vous miroiter de belles propositions. Rejetez-les. Vigilance! vigilance! vigilance!»
Alphonse Kpogo, de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), le parti du professeur Aimé Gogué, aura battu quant à lui le record de l’intervention la plus brève et lapidaire du meeting. Pour autant, ce sera l’une des plus importantes. En effet, Alphonse Kpogo annonce pour les jours à venir «le mariage religieux entre tous les partis représentés au FRAC et leurs alliés, pour sceller à jamais le pacte qui les unit depuis bientôt 2 ans.»