Petit à petit, le voile se lève sur le scenario qui a abouti à la falsification du rapport de la Cndh, telle que dénoncée par le président Koffi Kounté, sur le site de l’institution. Aujourd’hui, des voix s’élèvent de plus en plus, pour distiller des indiscrétions sur la scène.
En séjour dans la capitale française pour cause de santé, le président du Mouvement des républicains centristes (Mrc, une formation proche du pouvoir) Abass Kaboua, s’est exprimé suite aux décisions prises en conseil des ministres en vue de la mise en œuvre des recommandations du rapport de la Cndh. «C’est ridicule!», s’est exclamé le président du Mrc réagissant à la décision du Gouvernement de confier à la hiérarchie militaire, le soin de prendre des mesures disciplinaires vis-à-vis des personnes citées dans le rapport. «Nous disons que le Chef de l’Etat doit prendre ses responsabilités», rétorque également Antoine Folly, leader de l’Uds-Togo.
«En procédant ainsi, le Gouvernement crée un flou artistique dans cette affaire». Le Chef d’Etat Major Général des Forces armées togolaises (Fat), Gal Mohamed Atcha Titikpina est cité dans ce rapport pour avoir assisté le 22 avril 2009 à une séance de torture de détenus dans l’affaire d’attentat à la sureté de l’Etat. Ce qui rend sceptiques certains observateurs, sur la volonté du pouvoir de sévir face à la gravité des actes dénoncés. «C’est irresponsable de la part du Gouvernement, car la hiérarchie militaire n’est pas au-dessus de la loi», proteste M. Kaboua. «Le Chef de l’Etat doit prendre ses responsabilités comme il le clame souvent», martèle son collègue de l’Usd-Togo pour qui, «en politique, les symboles sont aussi forts que les actes, ajoutant que nous n’avons plus le droit d’encourager le dénie de droit au Togo».
Kounté braqué par le Col. Massina
Après son départ du Togo, le président de la Cndh a semé un flou en déclarant que le rapport publié sur le site du Gouvernement est un rapport travesti, obtenu sous menace. Depuis, beaucoup attendaient des clarifications sur les auteurs de la falsification du rapport et des menaces proférées contre M. Kounté. Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour pointer du doigt, le Col Massina Yotroféï comme étant le principal auteur des menaces alléguées. «Kounté a fuit parce que Massina lui a braqué un pistolet sur la tempe», a affirmé Abass Kaboua, qui se retrouve dans la même ville que le fugitif. «Nous savons que Kounté a été menacé. On lui a pointé un Revolver sur la tempe», confirme également le leader du Parti des Travailleurs, Claude Améganvi.
Les tortionnaires qui cherchent un bouc émissaire, ont tenté de trouver la présence à Paris de M Kaboua en même temps que Koffi Kounté, une preuve de l’implication du Ministre Pascal Bodjona dans la fuite du président de la Cndh. «Abass Kaboua a été envoyé à Paris par Pascal Bodjona, pour préparer l’arrivée de Koffi Kounté», ont allégué les tortionnaires. Le Col Massina Yotroféï aurait torturé l’homme d’affaire Agba Bertin et des détenus dans l’affaire d’attentat contre la sureté de l’État, en vue d’impliquer Pascal Bodjona dans les deux récentes et retentissantes affaires.
Un appel de M. Kaboua au Ministre Pascal Bodjona sur le téléphone portable de sa femme, a été enregistré illégalement. Selon nos informations, cet enregistrement a fait plus tard l’objet de manipulations dans le but d’abuser le Chef de l’Etat sur la responsabilité de Pascal Bodjona dans l’échec de la falsification du rapport. Une démarche qui par ailleurs, pose une fois encore un hic par rapport à la réelle position du Chef de l’État dans cette hideuse tentative. En réaction, le Ministre de l’administration aurait suggéré sa démission au Chef de l’État, qui l’a rejetée.
Selon certaines indiscrétions, le traficotage du rapport de la Cndh a eu pour maître d’œuvre, le Ministre de la Justice Tchalim Tchitchao aux côtés du Gal Atcha Titikpina, le Col Massina, Charles Debash et le Ministre Hamadou Yacoubou de la Culture. Les manœuvres auraient eu pour siège la Présidence de la République, en l’absence du Chef de l’État.