Habitué à ne céder que sous la pression, le pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé a procédé ce lundi à la libération de sept prisonniers politiques, à la veille de l’examen périodique universel (Epu) à Genève.
Le pouvoir a procédé ce lundi dans la journée à la libération de sept détenus considérés par des organisations des droits de l’homme (Oddh) comme des prisonniers politiques. Parmi eux, cinq arrêtés en 2005 dans une affaire de coup d’Etat et deux autres membres de l’association Sursaut-Togo de l’ancien Secrétaire d’État français d’origine togolaise, Kofi Yamgnane. Les sept ont été remis en liberté en catimini. Même leurs avocats contactés par la rédaction de Koaci à Lomé, se sont montrés sceptiques avant de confirmer plus tard la nouvelle.
«En général, ce sont les vendredis qu’on procède à ce genre de libération. Le Commissaire chargé des libérations n’est pas au bureau. Le directeur de l’administration pénitentiaire ainsi que le régisseur de la prison sont à Genève. Je trouve improbable cette information», réagissait encore ce matin un cadre de l’administration pénitentiaire que nous avons contacté alors qu’il était en ville.
Une bonne partie de la délégation togolaise est déjà à Genève, où le Togo doit passer à nouveau devant la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies, dans le cadre du suivi de l’Examen périodique universel (Epu). La libération de ces prisonniers est analysée par certains observateurs comme étant le fruit d’intenses pressions que subirait la délégation togolaise dans son lobbying avant la présentation de son rapport ce mercredi 14 mars.
L’Adjudant Kpakpo, les Sergents Akakpo Koami et Folly Kodjo, le Caporal Amétépé Yaovi ainsi que le sieur Toudji Kossi ont été mis aux arrêts et déposés à la prison civile de Lomé en 2005, dans l’une de ces ténébreuses affaires de putsch, qui secouent en général les pouvoirs illégitimes, issus de fraudes électorales ou de coup d’État.
Deux autres, Narcisse Azanléko et Assima Kokou, également libérés, sont des membres de Sursaut-Togo. Ils ont été enlevés tôt dans la matinée du 1er juillet 2010 par des agents de l’Agence nationale de renseignement (Anr), au domicile de Kofi Yamgnane à Lomé. Gardés longtemps à l’Anr où ils ont été torturés, ils sont également accusés d’être impliqués dans une action de déstabilisation du pouvoir dans laquelle le nom d’un certain Amah dit «Sang chaud», est cité. Une troisième personne recherchée dans cette affaire à Tsévié, a réussi à s’enfuir.
Le pouvoir togolais est actuellement éclaboussé par une affaire de falsification d’un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme sur la torture. À ce jour, aucune mesure non plus n’a été prise contre les auteurs de ces actes de tortures, cités dans le rapport authentique de la Cndh.