Les organisations de défense des droits de l’homme (ODDH) dans un communiqué en date de ce jeudi 29 mars 2012 viennent de réagir sur la crise qui secoue l’Université de Kara. Ces organisations s’indignent que dans cette crise universitaire, les autorités nationales veuillent miser sur la fibre ethnique pour noyer les mouvements sociaux et les actions des étudiants de Kara en particulier.
Les organisations signataires de la déclaration rappellent que les citoyens des villes de l’intérieur du pays en général et les étudiants de l’Université de Kara en particulier, ne doivent pas se voir imposer un statut particulier en ce qui concerne le droit de manifester. Pour corroborer ces dires, les ODDH se souviennent des propos ethnocentristes de l’actuel ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, selon lesquels «depuis quand les kabyè font grève», et du Préfet du Golfe Koffi Mélébou pour qui ce sont les éléments venus de Lomé qui cassent à Kara.
Les organisations de défense des droits de l’homme (ODDH) s’insurgent contre le déguisement des militaires en agents de police dans l’intention manifeste de mater les mouvements estudiantins qui portent des revendications légitimes. Elles dénoncent par la même occasion l’invasion du campus de Kara par les forces de l’ordre et de sécurité et autres milices affilées qui font feu de tout bois pour étouffer les revendications légitimes des étudiants. Enfin, elles dénoncent avec la dernière rigueur le silence coupable du ministre de l’enseignement supérieur.
Par conséquent, ces organisations exigent la libération sans condition et sans délai de tous les étudiants interpellés, la prise en charge par les autorités universitaires des soins médicaux et hospitaliers des étudiants blessés et le retrait immédiat et sans condition des forces de l’ordre et de sécurité de l’Université de Kara.
Les ODDH demandent également le relèvement du Commandant Ouadja, chef du Groupement de la gendarmerie de Kara, cité dans le rapport de la CNDH comme tortionnaire de ses fonctions actuelles et sa mise à la disposition de la justice, le démantèlement et le retrait des personnes «non-identifiées» qui sèment la terreur au sein de la population estudiantine ainsi qu’un climat de méfiance et d’insécurité sur les lieux de mobilisation.
Elles en appellent enfin au respect des franchises universitaires et la cessation des déguisements des militaires.
Notons que le campus de l’Université de Kara est en proie à de récurrentes manifestations estudiantines. Le 27 mars dernier, au lendemain du mot d’ordre «campus mort», les étudiants Agnité Massama dit Guillaume Soro, Bitsioude Birénam dit général Bits et Siguiba Mohamed, responsables de l’Union des élèves et étudiants du Togo (UNEET), le principal syndicat de l’Université de Kara ont été arrêtés. Ils ont été tabassés et jetés en prison.
Hier, le Mouvement pour l’émancipation de l’étudiant togolais (MEET), l’alter-égo de l’UNEET à l’Université de Lomé, avait menacé de recourir à des actions d’envergure si les étudiants arrêtés à Kara ne sont pas libérés.