Le débat est agité ce week-end et ce début de semaine par le contenu de la déposition de Kpatcha Gnassingbé. Rien de spécial, mais un catégorique reniement des accusations, une demande de pardon qualifié de sincère et nécessaire, puis s’en est fini de la version de cet autre héritier du feu Gnassingbé Eyadéma.
«Peut-être que j’ai offensé certaines personnes lors des évènements de 2005. Je saisi l’occasion pour leur présenter mes excuses et à tout le peuple togolais d’ailleurs». Ces mots sont de Kpatcha Gnassingbé, dont le nom est plus d’une fois revenu parmi les commanditaires des massacres de 2005, suite au décès de Gnassingbé Eyadéma. S’il a reconnu avoir donné son aval pour que les camions de la Société Togolaise du Coton (SOTOCO), soient utilisés pour le convoiement de jeunes de Kara, à Lomé, l’ancien Directeur du Conseil d’Administration de la SOTOCO a nié en savoir plus sur les activités de ces jeunes une fois dans la capitale.
Acheminés à Togo 2000, ces jeunes ont été armés et ont constitué les miliciens qui ont exercé des violences sur les populations qui contestaient les résultats de l’élection présidentielle de 2005, donnant Faure Gnassingbé, gagnant au premier tour. Ces violences dont les Forces Armées Togolaises (FAT) également se sont rendues coupables, ont occasionné entre 1500 et 500 morts, selon divers rapports. En particulier les quartiers de Bè à Lomé, les villes d’Aného et d’Atakpamé à l’intérieur du pays, ont été les cibles de la stratégie de répression mis en exécution pour permettre à Faure Gnassingbé de succéder à son père. Les noms d’autres progénitures de l’ancien dictateur, ont également été cités comme ayant participé à la répression.
Actuellement en conflit ou vert avec son demi-frère et Chef de l’État, Faure Gnassingbé, l’ancien ministre de la défense condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour «complot d’atteinte à la sûreté de l’État», Kpatcha Gnassingbé a revendiqué le coup d’État de février 2005. «Je reconnais avoir demandé aux officiers de prêter allégeance à mon frère (Ndlr : Faure Gnassingbé)», a déclaré Kpatcha Gnassingbé. L’ancien homme fort du régime considéré comme le principal parrain des officiers des FAT, a expliqué son initiative comme étant un souci de préservation de la paix.
«Je connais bien cette armée. Je sais qu’il existe des clans ethniques. Il fallait donc aller très vite pour garantir la stabilité», a-t-il expliqué. Kpatcha Gnassingbé a nié sa responsabilité dans les massacres. «Je n’ai jamais eu de milices. Jamais armés qui que ce soit», a clamé celui qui se passait pour le vice-président de la République, et dont le nom revient pourtant dans plusieurs rapports. «Son témoignage a été occulté. C’est un élément monté», a commenté un journaliste après avoir suivi les images de la déposition de Kpatcha Gnassingbé dont le témoignage à été recueilli à sa demande.
La thèse de l’escamotage du témoignage est très accréditée dans les milieux de la presse, où on rappelle que la déposition de Me Jean Dégli également avait été occultée de certains passages par la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR), avant d’être remise à la presse. Un montage qui a été révélé par un autre enregistrement remis à la presse par l’Avocat lui-même. Kpatcha Gnassingbé a-t-il révélé des non-dits des massacres de 2005 ?
Contrairement aux autres auditions recueillies au siège de la CVJR, celle de Kpatcha Gnassingbé a été recueillies à l’OCDI.
Kpatcha Gnassingbé a pour finir, demander à Mgr. Nicodème Bénissan Barrigah d’œuvrer à les rapprocher, lui et son frère Faure Gnassingbé, de même que toute la famille Gnassingbé. «C’est très important», a-t-il insisté. Une déposition qui n’aura en rien, apporté plus d’éclairage aux Togolais sur les auteurs des violences politiques de 2005. Le rapport final de la CVJR sera officiellement remis au Chef de l’État, demain mardi 04 avril 2012.