Le nouveau code électoral en étude au sein du gouvernement ne cesse de susciter des réactions. Après le CAR et l’ANC, c’est le tour du Collectif «Sauvons le Togo» de réagir. Ce Collectif a organisé un point de presse ce mercredi à Lomé. Autour de la table, Maîtres Ata Messan Zeus Ajavon, Raphaël Adzaré-Kpandé et Jil-Benoit Afangbedji. Dans la déclaration lue, le Collectif note avec stupéfaction que le gouvernement procède de façon unilatérale à la modification du code électoral.
Il déplore qu’aucun parti politique, en dehors du pouvoir en place, n’ait été associé à la rédaction du texte. Le Coordinateur du Collectif Me Ajavon estime qu’on ne peut organiser des élections transparentes à ce stade avant le mois de décembre ou janvier prochain. Il appelle au report du scrutin. «Nous disons au Collectif qu’on ne peut faire des élections transparentes cette année au Togo parce que les textes à appliquer, les tâches à exécuter sur le plan juridique, sur le plan technique, sur le plan pratique, ces tâches sont tellement énormes qu’il n’est pas possible d’organiser des élections transparentes au mois d’octobre», a souligné Me Ajavon.
En tout état de cause, le Collectif «Sauvons le Togo» rappelle les dispositions du protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui stipule au point 1 de son article 2 que «aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques».
Que dire du vide constitutionnel si le scrutin n’est pas organisé dans les délais constitutionnels? Pour Me Ajavon, «En Afrique on n’a pas de vide juridique. C’est les Occidentaux qui vous inventent ça. Où est-ce qu’on a déjà eu le vide juridique? Par contre je connais ce qu’on appelle le principe fondamental qu’est la continuité de l’Etat, la continuité des institutions. Depuis qu’on a fait les élections locales en 1987, est-ce qu’on a parlé de vide juridique?», martèle-t-il.
Pour lui l’impréparation et la précipitation dont semble soudainement se soucier le Gouvernement, est un prétexte fallacieux. Il estime que l’Union européenne a attiré ouvertement l’attention du gouvernement sur les risques qu’il fait courir à l’ensemble du peuple togolais en voulant unilatéralement organiser des élections aux lendemains incertains.
Notons que le 13 avril dernier, l’Union européenne a exprimé, en effet, clairement sa volonté de ne pas accompagner financièrement le Togo si les recommandations de ses missions électorales ne sont pas prises en compte.
Le code électoral est en étude sur la table du gouvernement. Il a été examiné les 11 et 17 avril 2012 au Conseil des ministres.