(GRAD, www.gradtogo.org, Lomé, Togo, 5 mai 2006)
Le GRAD (Groupe de Réflexion et d'Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement) a toujours préconisé le dialogue comme principale approche dans la recherche de solutions de sortie de crise. Il note avec intérêt le démarrage effectif du dialogue inter togolais annoncé depuis novembre 2005. Il exprime sa gratitude à toutes les bonnes volontés et à tous les amis du peuple togolais qui ont contribué à la mise en œuvre de cette initiative destinée à la résolution de la crise.
Le dialogue actuel initié par les autorités togolaises, étroitement lié aux 22 engagements, peut-il vraiment prendre en compte les préoccupations profondes des populations togolaises et de la communauté internationale suscitée par les derniers événements intervenus entre le 5 février 2005 et le 26 mai 2005? Le but ultime de ces 22 engagements, faut-il le rappeler, est l'organisation des élections législatives en vue de la reprise totale de la coopération de l'Union européenne avec le Togo. Dans ce contexte, quel sort le dialogue inter togolais actuel réserve-t-il aux conclusions et recommandations des rapports des Commissions d'enquête, en l'occurrence, celles du rapport de la Commission d'enquête spéciale des Nations Unies? Celui-ci recommande, entre autres, la formation d'un gouvernement d'Union nationale, la mise sur pied d'une commission vérité et réconciliation, la révision de la constitution et l'organisation des élections présidentielles, législatives et locales.
Le GRAD demeure d'autant plus convaincu de leur portée, qu'il avait lui-même initié, dans la période de grande tension, entre le 5 février et le 5 mai 2005, un ensemble de réflexions et d'actions destinées à aider à la recherche de solutions et stratégies de sortie de crise. Il avait réussi à approcher les principaux acteurs de la crise pour susciter leur intérêt en faveur des orientations envisagées. En effet, le GRAD a pu rencontrer les principaux leaders des formations politiques (sauf celui du RPT qui n'a pas pu recevoir la délégation du GRAD), et envoyé des messages aux ambassadeurs et aux représentants des organisations internationales, pour leur faire part de sa vision de la situation et de sa stratégie de sortie de crise, susceptibles de garantir une paix et une stabilité politique durables. Cette stratégie est reprise dans un document consacré à la crise Togolaise et intitulée: La crise Togolaise a-t-elle une issue? Les propositions contenues dans ce document, qui rejoignent dans leurs grandes lignes les recommandations du rapport des Nations Unies, restent toujours valables. Elles sont:
1. Le dialogue doit être placé sous les auspices des Nations Unies, l'Union africaine et l'Union européenne.
L'élection d'un Président togolais issu d'une des parties prenantes à ce dialogue inter togolais est louable. Cependant, le GRAD estime que la nomination d'un médiateur par ces institutions reste indispensable pour aider le Président du dialogue et toutes les parties prenantes au dialogue en cas d'impasse ou de blocage. Cette approche, nous semble-t-il, constitue, pour les protagonistes, la garantie nécessaire pour mener à bien le dialogue.
2. Le dialogue doit déboucher sur un accord politique avec nomination d'un nouveau Premier Ministre et la formation d'un véritable gouvernement d'union nationale
3. La transition doit avoir une durée raisonnable et suffisante pour régler le problème constitutionnel et tous les autres points retenus à l'ordre du jour du dialogue et, aussi, prendre en compte les recommandations du rapport des Nations Unies.
4. Les prérogatives du Chef de l'État et du Premier Ministre, durant la période de transition, doivent être clairement redéfinies afin d'éviter entre eux tout conflit de compétence dans la conduite des affaires de l'État: la Constitution révisée, actuellement en vigueur, constitue une source permanente de blocages potentiels qui ne permettront pas au Gouvernement d'union nationale de travailler dans la sérénité.
5. Les élections n'interviendront que lorsque le gouvernement d'union nationale aura accompli sa mission telle que prévue dans l'accord politique.
Le GRAD, quant à lui, continuera à œuvrer au rapprochement des points de vue des parties prenantes au présent dialogue sur la base de son schéma de sortie de crise.
Fait à Lomé le 5 mai 2006
Victor Komla Alipui
Président du GRAD
Victor_alipui@yahoo.fr
Groupe de Réflexion et d'Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (GRAD)
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