(CDPA-BT, www.cdpa-bt.com, Lomé, Togo, 20 mai 2006)
Même ceux qui croyaient au dialogue en cours n'y croient plus. L'espoir s'évanouit. On parle de plus en plus d'échec, y compris chez ceux qui participent au jeu, et dont certains cherchent éperdument à rassurer.
Mais il ne suffira pas de constater une fois de plus l'échec comme une fatalité. Il faudra aller au-delà pour se demander si nous avons réellement épuisé toutes les possibilités, si vraiment il n'y a plus rien d'autre à faire, s'il n'y a aucune autre piste à explorer, et surtout s'il n'y a pas des propositions d'idées et d'actions que l'on peut tout au moins expérimenter...
Dans "Une force alternative d'opposition pour mettre fin au régime de dictature et instaurer la démocratie au Togo" (décembre 2002), que beaucoup ont lu, la CDPA-BT avait montré que les dialogues ne pourront pas permettre de réaliser l'objectif de la démocratisation ; et dans le document, ce parti a fait des propositions qui se résument à la nécessité d'un Mouvement de la Force Alternative d'Opposition comme alternative politique possible.
Sous la rubrique "A la marge du dialogue... ", et pour contribuer au débat politique autour du dialogue en cours nous, nous proposons quelques extraits de ce document à la réflexion de tous ceux qui aspirent au changement politique dans notre pays.
L'opposition togolaise n'a pas encore épuisé toutes les possibilités à sa disposition pour sortir le Togo de "la crise". Elle ne doit pas capituler.
«Une force alternative d'opposition pour mettre fin au régime de dictature et instaurer la démocratie au Togo»: cette brochure est toujours disponible et peut être obtenue auprès des sections de la CDPA-BT les plus proches.
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1. A la marge du dialogue...
Le dialogue est en cours. Ouvert le 21 avril, il est aujourd'hui dans son 24e jour. La durée prévue ne devrait pas excéder 15 jours… On en serait toujours au 2e point de l'ordre du jour, en mettant «au congélateur» toutes les questions sur lesquelles le consensus n'est pas réalisé. Ce n'est pas surprenant pour ceux qui ont suivi de près tous les dialogues passés.
Dans tous les cas, l'enthousiasme et l'espoir artificiellement cultivés pour amener les Togolais à se faire une fois de plus des illusions sur «la sortie de crise» commencent à s'évanouir chez ceux-là mêmes qui ont cultivés ces sentiments, y compris ceux qui mènent le jeu convenu du dialogue. Il suffit de parcourir la presse togolaise de cette semaine (8 - 14 mai) pour le constater (Forum de la semaine, Liberté Hebdo, Nouvel Écho, Golfe Info…). On commence à déchanter ; et on recommence à s'en prendre à «l'Opposition» sans distinction, comme d'habitude.
On sait qu'heureusement la masse de la population ne s'est pas laissée prendre au jeu de dupes de ce «dialogue de la dernière chance». La grande majorité des Togolais sait que rien de bon ne sortira de ce conclave. Et elle a raison: un nouveau gouvernement ( ?), des législatives, un nouveau premier ministre de «l'Opposition» ( ?), l'argent de l'Union européenne, … Tout cela ne fera que conforter et légitimer le régime mis en place après les tragiques présidentielles du 24 avril 2005. La grande majorité de la population ne verra pas le bout du tunnel.
En définitive, le dialogue commence donc à faire long feu comme on devrait s'y attendre et personne ne croit aux communiqués convenus et forcément trompeurs. Cette situation donne lieu heureusement à un débat politique de plus en plus vif, où l'on remet en cause les certitudes affichées jusqu'à présent, où l'on s'interroge de plus en plus sur le «huis clos», sur ce qui «est servi de manière superficielle aux populations» après chaque session, sur les «manœuvres politiciennes souterraines autour de la question de nomination du premier ministre», sur ce qui attend les Togolais après...
Depuis plusieurs années déjà, la CDPA-BT n'a cessé de le dire: Dans le cas spécifique de la situation politique togolaise, ce n'est pas par des dialogues que l'on résoudra le problème politique porté au grand jour par la population descendue dans la rue en octobre 1990. C'est plutôt par une réorientation incontournable de la politique d'opposition dans son ensemble, pour faire émerger une force alternative d'opposition sous la forme d'un mouvement de masse organisé et crédible (MFAO). L'idée n'est pas irréalisable.
Depuis 2000, la CDPA-BT a fait dans ses publications des propositions précises dans ce sens. L'une des plus importantes de ces publications est «Une force alternative d'opposition pour mettre fin à la dictature et instaurer la démocratie au Togo.» (décembre 2002).
A la marge du Dialogue... ? Pour participer au débat que commence à susciter le piétinement et l'échec prévisibles du dialogue au regard des attentes de la population, nous publions sous cette rubrique quelques extraits de ces publications. L'opposition togolaise n'a pas encore épuisé tout ce qu'elle doit faire pour sortir le pays du régime de dictature.
Lomé, Togo, 20 mai 2006
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