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Conférence de presse à l’occasion du sixième anniversaire du PSR

(PSR,   Lomé, Togo,  17 juin 2006)


Camarades membres du Bureau national du PSR, Mesdames, messieurs les journalistes, Camarades militants et sympathisants du parti,
Honorables invités, Mesdames, messieurs

Le 17 juin 2000 a eu lieu le congrès constitutif de notre parti, le PSR. C’était un samedi. Aujourd’hui, 17 juin 2006, encore un samedi, nous n’avons pu nous empêcher de vous réunir malgré le contexte politique, économique et social difficile de notre pays. Il le fallait nécessairement pour dire de manière solennelle merci à vous tous ici présents et à tous ceux que nous aurions souhaité réunir, si nous n’avons voulu cette rencontre simplement symbolique.

Merci d’abord à la presse qui nous a accompagné dans notre recherche d’un mieux-être partagé, d’une société plus juste.

Merci à tous les membres fondateurs, aux militants de premières heures dont certains, épuisés par les fardeaux quotidiens sont devenus moins actifs. Nous sommes persuadés que les valeurs et les sentiments qui ont initié nos actions sont encore vivants dans vos cœurs.

Merci à tous les militants et sympathisants qui par leurs efforts quotidiens font vivre le parti, font rayonner les valeurs que nous incarnons. Nous n’oublions pas les militants et sympathisants vivant à l’étranger qui par leurs analyses, leurs suggestions, leurs critiques permettent à nous qui sommes sur le terrain d’ajuster les orientations du parti et de ne pas perdre de vue l’essentiel de nos objectifs.
Merci à nos camarades de lutte, nous voudrions parler des différentes formations politiques avec lesquels nous avons partagé ou continuons de partager les mêmes préoccupations. Avec certains nous nous sommes par moment retrouvés dans des structures plus ou moins formelles. Nous aurions souhaité les réunir, mais d’autres occasions s’offriront certainement à nous pour le faire.
Nous voudrions dire merci à tout le peuple togolais, à ceux qui croient aux valeurs que nous défendons, même s’ils ne sont pas avec nous, et même ceux qui n’y croient pas car c’est aussi et cela la démocratie. Merci à tous ces anonymes qui portent le parti dans leur cœur.
Nous voudrions aussi avoir une pensée particulière à l’endroit de nos militants qui nous ont quittés.
La même pensée vers les victimes de toutes sortes du processus de démocratisation de notre pays.
Le parti est né à un moment où notre pays comptait déjà plusieurs dizaines de partis. Cela était nécessaire et l’histoire nous donne raison car le parti a prospéré, apporté sa contribution à l’encadrement de la masse. Surtout les risques de dérapages qui ont rendu indispensable notre engagement sont encore réels et nous rappellent la justesse de notre lutte et la nécessité de la poursuivre.
Qu’ils nous soit permis de rappeler quelques uns des principes qui guident nos actions et qui sont plus que jamais d’une actualité récurrente en raison du contexte politique qui prévaut encore aujourd’hui. Ces principes sont: l’impérieuse nécessité d’articuler le débat politique autour des valeurs, la lutte contre les exclusions, la primauté absolue des intérêts du peuple.

I) L’articulation du débat politique autour des valeurs

C’est ce que le parti avait alors désigné sous le vocable «Faire autrement la politique». En effet, il était manifeste que beaucoup de formations politiques étaient bâtis autour des noms de personnes ou des ethnies et parfois il suffisait de s’en prendre par des propos virulents à un responsable politique pour que l’on devienne soi-même un homme politique.

Aussi, les partis politiques ne sentaient-ils pas le besoin de former leurs militants ou la masse dans son ensemble. Il était rare qu’un militant d’un parti puisse vous dire quelle est la vision de son parti sur une question précise qui engage l’avenir de la nation. Nous avions donc dans ce domaine montrer le chemin en insistant sur les dangers d’une telle situation. Ceci explique non seulement notre alignement idéologique mais aussi les multiples séances de formations à l’endroit de nos militants et les universités politiques que le partis organise annuellement dont le dernier est placé sous le thème de «Pour une démocratie authentique au Togo».

Notre souhait aujourd’hui encore, c’est que toutes les formations politiques, tous les homes politiques s’engagent de façon irréversible dans cette voie. Nous devons reconnaître que le chemin à parcourir dans ce domaine est encore long. Nous n’en voulons pour preuve que le contexte des dernières élections. Il n’est pas en effet rare d’entendre des citoyens et parfois des responsables politiques dire «si nous quittons le pouvoir, c’est toute la région du nord ou notre ethnie qui sera en danger» ou les autres affirmer que «c’est cette ethnie qui a toujours eu le pouvoir, il faut les chasser du pouvoir pour qu’un homme du sud aussi ait le pouvoir». Ces analyses ont parfois rendu possibles les transports des militants-combattants pour aller affronter d’autres citoyens, événements que notre pays a malheureusement récemment connus.

Camarades militants, messieurs les journalistes, nous ne voudrions pas vous attrister avec ces souvenirs. Nous voudrions vous rappeler la lutte que nous menons et que nous devons continuer.

Une autre préoccupation du parti avions-nous dit, est la lutte contre les exclusions.

II) La lutte contre les exclusions

La lutte contre les exclusions constitue l’une des priorités du parti. Notre pays qui regorge des ressources de divers ordres dont le capital humain, a fait l’objet d’une gestion catastrophique ayant pour conséquence un fossé de plus en plus grandissant entre une minorité de privilégiés et une grande partie de la population. Notre appartenance politique fait obligatoirement de nous des soldats de la lutte contre les exclusions. Mais les exclusions ne sont-elles pas de diverses natures? Vous nous permettrez –actualité politique oblige- de nous en tenir seulement à l’exclusion politique. Vous avez été témoins des exclusions de certains partis politiques du dialogue national contre toute équité et principe démocratique. Vous avez aussi été témoins des appréhensions de notre parti qui craignait que les partis à ce dialogue s’octroient exclusivement des privilèges.

Vous êtes aujourd’hui témoins du fait que nos craintes sont en train d’être justifiées si on se réfère aux deux projets d’accord proposés par le bureau du dialogue et les observations faites par les différentes formations politiques.
Est-il concevable que les partis qui ont été exclus de ce dialogue soient aussi totalement ignorés dans la mise en œuvre des dispositions qui seront prises? A titre d’exemples, dans la compositions de la CENI, des CELI et des bureaux de vote, aucune place n’est envisagée pour ces formations.
Plus grave encore, ils sont entièrement exclus des mécanismes de suivi de la bonne application des décisions du Dialogue national comme si ces décisions ne concerneront que les partis au dialogue. Aucune des formations ne semble s’émouvoir de cette situation.
Les difficultés que rencontre le Dialogue aujourd’hui dans l’évolution des travaux trouvent en partie leur source dans la composition même de ce dialogue.
Le plus difficile, ce n’est d’ailleurs pas la conclusion des accords, mais leur mise en œuvre. Il serait dangereux d’exclure une fois encore les autres formations de ce cadre.
Avec regret, nous constatons que l’ensemble de ces partis politiques se comportent comme si ce dialogue devait permettre à chacun de défendre ses propres intérêts. Et si tel est le cas, seraient-ils en mesure de gouverner pour l’ensemble des Togolais une fois qu’ils accèderont au pouvoir?
Mesdames, Messieurs les Journalistes, nous croyons que vous avez un rôle de sensibilisation à jouer dans ce domaine.
Nous voudrions aussi vous dire que le courrier que le parti a adressé au dialogue ne lui est jamais parvenu mais a été retenu par le bureau qui pourtant n’en était pas destinataire.

III) La primauté des intérêts du peuple

Le PSR proscrit toute stratégie politique qui aurait une autre finalité que le mieux être de l’Homme pris individuellement ou collectivement. C’est la préoccupation fondamentale qui détermine nos actions, nos choix. Et il importe de le rappeler alors que le gouvernement auquel participe le parti aura bientôt un an.

Le parti se réjouit d’avoir pris part à ce gouvernement et d’avoir contribué à régler certains problèmes dans la mesure de ses moyens et prérogatives. Mieux encore, nous nous réjouissons d’avoir, malgré notre participation au gouvernement, conservé notre analyse critique et constructive, empreinte de discernement. Ce qui nous permet d’attirer l’attention du gouvernement sur ses insuffisances. Toutes les fois que nos observations sont prises en compte, toutes les fois que par nos prises de positions nous suscitons le débat au sein des instances de décisions ou au sein du peuple nous pensons apporter ainsi notre pierre à la construction de la nation.

Le parti réitère son engagement à poursuivre sa lutte. Nous continuerons comme par le passé, sans haine ni complaisance, disposé à toute concertation et discussion sans a priori, à œuvrer pour l’avènement d’une société plus juste.

A tous ceux que les responsables du parti ont pu offenser, nous présentons nos excuses.

Camarades militants, le parti n’est rien sans vous. Il existe par vous et pour vous. Alors ensemble au travail.

Vive le PSR, Vive la République, Vive le Togo.


Le Premier Porte-Parole
Komi Wolou

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