(CDPA-BT, www.cdpa-bt.com, Lomé, Togo, 1er janvier 2007)
Le montage du gouvernement dit d'union nationale, avec la participation du CAR, de la CDPA, de la CPP et du PDR, et l'acharnement regrettable de l'UFC à y réclamer sa part, ont contribué à renforcer dans les esprits la grande confusion dans laquelle s'est déroulé le 12e dialogue. Les acteurs de la collaboration avec le régime en place profitent de cette confusion pour pousser la population aux urnes en vue des législatives prévues pour juin 2007.
Il importe d'apporter quelques clarifications dans cette confusion pour que l'opinion togolaise sache désormais qui est qui, qui veut quoi, qui fait quoi et ce qu'il importe maintenant de faire. C'est dans cet esprit que le Bureau Exécutif National de la CDPA-BT tient à rappeler les faits suivants.
1- Dès le lendemain de la proclamation des résultats des élections sanglantes d'avril 2005, les partis d'opposition qui ont constamment occupé les devants de la scène politique (CAR, CDPA, UFC, sans compter la CPP et le PDR) se sont mis à revendiquer une fois de plus un dialogue, comme ils l'ont toujours fait après chaque élection présidentielle depuis au moins 1998. Mais ce qu'ils réclament cette fois-ci clairement à travers ce dialogue, c'est le partage du pouvoir avec le régime. Et plus qu'avant, ils se sont mis à se battre entre eux pour le poste de premier ministre sous Faure Gnassingbe. La CDPA-BT a alors réagit en observant que les Togolais ne sont pas descendus dans la rue le 5 octobre 1990 pour demander à Eyadema de partager le pouvoir avec quelques chefs de parti.
2- Dès avant l'ouverture de ce douzième dialogue, la CDPA-BT a clairement déclaré que ce dialogue n'est qu'un montage pour légitimer, et consolider le pouvoir de Faure Gnassingbe.
La CDPA-BT a alors demandé à tous ceux qui veulent réellement le changement politique d'accepter de se mettre ensemble pour définir et conduire une politique alternative capable de renverser le rapport des forces au profit de l'opposition. Elle a, pour cela, lancé l'idée de la nécessité de faire émerger de la masse de la population une « Force Alternative d'Opposition» comme cadre de réflexion et d'action pour tous (partis politiques, organisations associatives, organisations religieuses...) pour mettre au point ensemble cette politique alternative d'opposition.
3- Tout au long du dialogue, la CDPA-BT n'a pas cessé de souligner que la composition du groupe des dialogueurs et celle du directoire du dialogue sont programmées pour permettre au RPT de consolider ses positions au détriment des partis qui prétendent représenter l'opposition. Et elle a clairement souligné que la grande masse des opprimés et des plus nécessiteux ne doit rien attendre de ce énième dialogue.
4- Au sujet du «projet d'accord politique global», la CDPA-BT a pris une position claire en déclarant qu'il s'agit d'un projet perfide destiné à enfoncer définitivement l'opposition démocratique, avec la complicité de certains de ceux qui prétendent représenter l'opposition. Et une fois de plus, elle a réaffirmé qu'il y a d'autres alternatives politiques possibles pour poursuivre la lutte pour la démocratie dans le pays.
À cette occasion, la CDPA-BT a encore appelé tous les partis d'opposition et tous ceux qui veulent poursuivre la lutte pour la démocratie à accepter de se mettre ensemble pour former le Mouvement de la Force Alternative d'Opposition (MFAO) seul moyen de mettre l'opposition démocratique en mesure de renverser le rapport des forces en sa faveur.
5- Après que la «coalition des sept» (le RPT, la CPP, le PDR, la RECAMPT, G2F et le CAR) a paraphé (en fait l'adopté) «l'accord politique de base», la CDPA-BT a publiquement manifesté son désaccord, et stipulé dans sa déclaration du 20 juillet 2006 que cet «accord» reste inacceptable, parce qu'il offre au régime toutes les conditions politiques dont il a besoin pour continuer de détenir un contrôle absolu sur la vie politique du pays comme avant.
6- Enfin, après la signature de l'accord à Lomé le 20 août et la mise en place du gouvernement dit d'union nationale, la CDPA-BT a déclaré que, tout comme les «accords» passés, les «Accords de Ouaga» version 2006 n'ont pas résolu le problème politique togolais, qu'ils ne peuvent pas le résoudre, et qu'il importe donc de poursuivre la lutte pour le changement démocratique par une politique alternative d'opposition qui doit désormais prendre appui sur la masse de la population organisée dans un large mouvement, le Mouvement de la Force Alternative d'Opposition (MFAO).
Par ces rappels, le Bureau Exécutif National de la CDPA-BT tient à réaffirmer que la CDPA-BT ne soutient pas le processus politique engagé avec la mise en place du gouvernement dit d'union national pour les raisons suivantes:
1. Ce processus ne peut pas permettre l'instauration de la démocratie dans le pays parce que le rapport des forces y est toujours en faveur du régime et de son parti. Il ne permettra pas l'amélioration des conditions de vie de la population.
2. Le 12e dialogue n'a pas abouti au changement politique auquel aspire la population puisque la réalité du pouvoir est toujours entre les mains des forces et des hommes qui ont institué ce système.
3. Le gouvernement dit d'union nationale mis en place par le RPT en association avec les partis d'opposition ayant pris part au 12e dialogue est la meilleure expression de la légitimation du régime en place par ces partis.
La CDPA-BT continue donc d'être, comme par le passé, un parti d'opposition au régime de dictature et aux partis d'opposition désormais inféodés à ce régime. Elle appelle une fois de plus tous ceux qui n'admettent pas la situation politique que l'on impose au pays d'accepter de se mettre ensemble pour constituer une nouvelle opposition.
Fait à Lomé, le 1er janvier 2007
CDPA-BT
Le Premier Secrétaire
Prof. Emmanuel Gu-Konu
Convention Démocratique des Peuples Africains - Branche Togolaise (CDPA-BT)
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