(Secrétariat général de l'Alliance, Lomé, Togo, 17 mars 2007)
Le Président du Bureau Provisoire de l’Alliance qu’entouraient pour la circonstance deux membres de l’exécutif, a tenu une conférence de presse le 8 mars 2007 au domicile de Mr Péré,,suite à l’interpellation des membres fondateurs dans le cadre de la résolution de la crise, que traverse le parti.
53 des 91 membres fondateurs que compte l’Alliance, soit plus de 58%, ont manifesté ainsi leur désarroi de constater l’apathie manifestée par Mr Péré pour trouver une issue à cette crise qui n’a que trop duré et qui divise les militants.
Alors qu’on s’attendait à voir une décrispation du climat social au sein du Parti, c’est avec une profonde consternation que nous avons suivi les contorsions intellectuelles de ceux qui ont choisi la voie du pourrissement, s’illustrant dans des pratiques que l’Alliance a stigmatisées dans son projet de société pour un Togo tourné vers l’avenir dans l’unité et la solidarité.
Ainsi, pour toute réponse à cette ultime démarche, Péré nous traite avec condescendance de faussaires coupables de faux et d’usage de faux, avec des arguments aussi légers que mensongers.
Comment peut- on vouloir réconcilier la Nation avec elle-même, et afficher autant de rigidité et d’incompréhension face aux différentes tentatives de mettre fin à cette crise, baptisée guerre de leadership entre Agbéyomé et Péré? En réalité, c’est Péré qui tente d’imposer son leadership par des méthodes qui défient la raison et la morale.
Je crois que ce qui est essentiellement en cause, c’est le mode de gouvernance du Parti qui est loin d’être consensuel car le Président n’est pas un adepte des principes démocratiques, centralisant à son niveau les attributions des autres membres du Bureau.
Personnellement, je me suis plains à maintes reprises sans succès de voir que mes attributions de Secrétaire Général, y compris les plus simples telles que les avis de convocations aux réunions, sont exécutées par le Président, qui du reste ne respecte pas les décisions du Bureau Exécutif, et en fait selon ses instincts.
Vous conviendrez avec moi que dans ces conditions, le ménage de ces pratiques totalitaires, et d’exercice personnel du pouvoir qui est la marque du Président, incommodent plus d’un et en particulier le Vice- Président qui a souvent dénoncé en réunion ces dérives, qui marquent de graves dysfonctionnements dans la conduite des affaires du Parti.
Ces observations étant faites pour mieux éclairer l’opinion, il est important de relever d’autres contrevérités majeures développées par le Secrétaire Général Adjoint et le Chargé des Relations Extérieures du parti, avec la bénédiction de Péré.
1/ Il est étonnant que Péré et le reliquat de son BP n’aient pas pris la mesure de l’alerte de la lettre ouverte en s’arc-boutant derrière deux dénégations obtenues au forceps , pour mépriser la démarche, que les jeunes du Parti ont chargé Gaston Vidada de conduire.
Nous sommes trois membres du BP dont deux statutaires à apporter notre caution à cette démarche, et nous ne l’aurions pas fait s’il s’agissait d’une imposture. C’est plutôt l’attitude de nos deux collègues réunis autour de Péré qui relève d’une grande irresponsabilité.
2/ En aucun moment dans les délibérations des réunions du Bureau, il n’a jamais été question d’une coalition avec le CAR pour des préoccupations électorales. Ce sont les médias qui en ont fait écho et Péré aussi bien dans nos réunions que dans la presse, n’a jamais démenti ces rumeurs, renforcées par son rapprochement ostentatoire avec Me Agboyibo, en compagnie de qui on le retrouve très souvent.
Il est tout aussi vrai que le Bureau suite à une requête du CAR, a reçu par deux fois une délégation de cette formation politique dans le cadre exclusif du bon déroulement du dialogue inter togolais dont l’actuel Premier Ministre en avait assuré la Présidence. Il est donc faux et malsain d’insinuer la présence du Vice-président lors des tractations destinées à conclure un éventuel pacte électoral.
3/ Cela relève d’un profond déficit de moralité publique que d’affirmer que la Commission Chargée de régler le litige opposant le Président à son Vice- Président ait déjà déposé son rapport. C’est faux et archifaux car deux des signataires de la lettre ouverte sont membres de cette commission forte de trois personnes.
Il faut rappeler que nous avons souvent interpellé Mr Kao Perezi, autoproclamé pour la circonstance Président de cette commission, qu’il était impérieux de conclure notre mission, car entre temps je devais m’absenter du territoire national pour des raisons professionnelles mais ses nouvelles responsabilités à la Primature ont eu raison de ses engagements au sein de l’Alliance.
Il est établi au sein de la Commission chargée de régler la crise que le blocage actuel provenait essentiellement de Péré, et nul ne peut le contester, s’il avait la crainte de Dieu.
4/ Kao Perezi a déclaré au cours de la conférence de presse qu’il y aurait un problème relevant de l’ordre spirituel qui opposerait les deux amis. Nous ne savons pas si Perezi bénéficie auprès de Péré des confidences particulières, mais nous pouvons affirmer dans le cadre de notre mission et sans risque d’être démentis, que c’est suite à des interventions de Mr Agbéyomé dans les médias au lendemain de la naissance de l’Alliance, que la crise s’est faite jour.
Mécontent, de l’intense sollicitation médiatique dont faisait l’objet le Vice Président, qui lui faisait ainsi de l’ombre, Péré traduit ce dernier en novembre 2005 après une folle rage, devant un collège composé des autorités religieuses de notre pays.
À cette rencontre, Péré aurait exprimé sa volonté hégémonique sur le Parti pour des ambitions personnelles, s’écartant ainsi de l’idéal du combat qui a mobilisé leur énergie depuis trois ans. Il a été invité à la modération par les religieux pour qui, seul Dieu reste et demeure l’architecte de tout destin individuel et collectif. Les serviteurs de Dieu ont par ailleurs recommandé aux deux compagnons de faire confiance à l’Éternel, et de poursuivre ensemble dans l’amour et le respect de l’autre leur combat pour le bien être collectif des togolais.
5/ Par ailleurs, sur le même registre des relations avec la presse, Agbéyomé a été l’invité de l’émission 7/7 sur TV7 en juin 2006. Après son passage et son départ à l’étranger, Péré prétextant qu’il était interpellé par ses amis, ouvre un débat au cours d’une réunion de Bureau autour des propos qu’auraient tenus Agbéyomé au cours de cette émission, qui seraient favorables au régime en place.
Dégoûtés par cet acharnement contre un membre du bureau à son absence, certains membres présents à la réunion ont demandé de surseoir ces discussions en attendant le retour de Agbéyomé pour réexaminer le sujet. Saisi de la polémique, Agbéyomé à son retour, n’a pas ménagé le Président et ses lieutenants qui lui ont intenté ce procès.
Pour conclure, il ressort de tout ce qui précède que la situation créée au sein de l’Alliance oblige Mr Péré a tiré les conclusions qui s’imposent pour sauver le parti, afin d’éviter de tuer l’espoir que suscite cette formation politique qui a toutes les chances d’apporter sa contribution pour sortir le Togo de sa crise et permettre aux Togolais de retrouver la paix, l’harmonie et la joie de vivre. Toute autre attitude serait suicidaire pour leurs auteurs qui répondront demain devant le tribunal de l’Histoire
Mr Bandjè Clément Boessi
Secrétaire Général de l’ALLIANCE