(MTRP, Lomé, Togo, 29 septembre 2007)
Les électeurs sont appelés aux urnes pour désigner, dans quelques jours, de nouveaux députés. Dans quelle situation ces élections législatives vont-elles avoir lieu?
Depuis des décennies, la situation du Togo est marquée par l’incurie de ses dirigeants. Le pays s’est délabré. Les conditions de vie de la population se sont dégradées, avec le bradage des richesses nationales, la dilapidation des ressources, la corruption, les crimes économiques et de sang restés impunis, etc.
Sinon, comment expliquer la grave crise énergétique (avec les coupures d’électricité) qui a frappé le pays pendant de long mois, comme si on ne pouvait pas la prévoir. Comment comprendre l’ampleur des dégâts et le nombre de victimes lors des dernières inondations (Kpendjal, Vallée du Mono), si ce n’est que ces zones, totalement sous-équipées, étaient déjà sinistrées et ne pouvaient réagir efficacement contre une calamité naturelle.
À cela s’ajoutent l’augmentation des prix avec une inflation de 6,8% en 2006, les engagements non tenus du gouvernement vis-à-vis des travailleurs (arriérés de salaire, de pension de retraites et d’allocations familiales, révision de la situation des travailleurs de la zone franche, politique de protection sociale élargie…) etc.
Aujourd’hui, ces élections législatives peuvent-elles permettre de satisfaire les besoins de la population?
Faisons d’abord les constats suivants.
- Il est largement admis aujourd’hui que les plans d’ajustement structurels (PAS) imposés par le FMI et la Banque mondiale ont été un gouffre pour les économies africaines dont celle de notre pays, le Togo.
- Dans nos pays, les privatisations à-tout-va avec leurs lots de travailleurs licenciés et sacrifiés, cela fait partie des mesures dictées par ces institutions financières internationales. Même le renchérissement des frais de scolarité à l’Université (passant de 4500 FCFA à 25000 CFA, soit plus de 450% d’augmentation), participe de la même logique.
- L’État togolais avait interrompu pendant des années le recrutement à la Fonction publique: c’était un diktat de la Banque mondiale et du FMI dont les conséquences sont, entre autres, aujourd’hui, outre le chômage, les graves problèmes de péréquation au niveau de la Caisse de retraites (CRT) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
- Tout le monde sait l’importance de l’éducation et de la formation des ressources humaines dans le développement. Et pourtant, l’École n’est pas gratuite au Togo. Cette situation, le peuple togolais la doit aux mesures préconisées par le FMI et la Banque mondiale, et au gouvernement qui les applique servilement.
- Même les engagements du gouvernement signés en mai 2006 au sortir du Dialogue social, prétendument pour remonter le pouvoir d’achat des travailleurs, ces engagements ne sont pas honorés parce que incompatibles avec les mesures des institutions financières internationales…
Pour notre part, nous estimons qu’il n’est pas possible de satisfaire les besoins du peuple si l’on ne rompt pas avec cette politique dictée par les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale et appliquée jusqu’à présent par les gouvernements successifs avec les résultats catastrophiques que l’on sait.
La satisfaction des besoins du peuple suppose l’arrêt du paiement de la prétendue dette (d’ailleurs déjà plusieurs fois payée), pour que les richesses du pays et le fruit du labeur des travailleurs et paysans soient consacrés à l’amélioration des conditions de vie de la population, au développement des infrastructures pour la satisfaction des besoin vitaux de la population comme: la distribution d’eau potable, d’électricité, la santé, l’éducation, etc.), au développement de l’emploi pour résorber le chômage qui touche tous les secteurs…
Nous voudrions rappeler ici que le DSRP intérimaire (la nouvelle forme des PAS du FMI) a été déjà signé et engage le futur gouvernement. Des mesures à l’opposé des besoins des masses sont donc déjà prises. Où est donc la souveraineté du peuple?
La satisfaction des besoins du peuple suppose la restauration de cette souveraineté. Les décisions qui concernent la vie et l’avenir du peuple doivent être prises par le peuple, qui, à travers ses représentants librement et démocratiquement élus, pourra décider des mesures salutaires qu’appelle la situation.
N’ayant pas d’intérêts distincts de ceux du peuple, le Mouvement des travailleurs pour une représentation politique indépendante (MTRP) est prêt à soutenir tout candidat qui s’engagerait dans cette voie.
Lomé, le 29 septembre 2007
Mouvement des travailleurs pour une représentation politique indépendante (MTRP)
Le MTRP est un cadre de réflexion politique animé par des syndicalistes, des travailleurs de tous les secteurs, des militants démocrates, des jeunes etc. engagés dans le processus de création d’une organisation politique indépendante.
Parmi les signataires, membres du MTRP:
Couchoro Ayao, journaliste retraité, Lomé; Gnama Paulin, enseignant, Sokode; Abdoulaye Idrissou, employé de commerce, syndicaliste, Lomé; Zoumaro Lantame, fonctionnaire à la retraite, syndicaliste (Hollande); Adjanla Charles, enseignant, Kara; Doh Séraphin, ouvrier, zone franche, Lomé; Lawson Messan, ingénieur (France); Ouro-Akoriko Sonhaye, commissionnaire, Lomé; Gbikpi-Benissan Tétévi, fonctionnaire à la retraite, syndicaliste, Lomé; Dangbo Zinsou, technicien supérieur de développement à la retraite, Lomé; Kondow Mohamed, chauffeur, Lomé; Akpoto Kossi, enseignant, Vogan; Ouro-Tagba Alpha, enseignant, Sokode; Lithor Atta, juriste, syndicaliste, Lomé; Agbemadon Edoh, étudiant chercheur, Lomé; Aleke Jude, transitaire, Lomé; Kittah Komi, enseignant, Anié; Allaga-Kodegui Pierre, fonctionnaire à la retraite, syndicaliste, Lomé; Djaoura Tiguena, enseignant, Siou; Adjevi Francis, projeteur (France); Ouro-Djobo Mohamed, revendeur, Lomé; Christophe Touyabah, fonctionnaire des postes à la retraite (Suède); Gomassi Amegnran, ouvrier textile, syndicaliste, Dadja; Senouvo Vissikou, enseignant, syndicaliste, Lomé; Kpodar Têkou, ouvrier textile, syndicaliste, Dadja; Landoukpo Mawolo, enseignant, syndicaliste, Lomé; Bawa Seydou, chauffeur, Lomé; Agboyibor Emmanuel, enseignant, Tchékpo; Prince-Agbodjan Hugo, technicien commercial (France)…
Pour tout contact: MTRP s/c 07 B.P. 13974 Nyekonakpoe Lomé – Togo
Courriel: mtrptogo@yahoo.fr