(Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), Lomé, Togo, 31 décembre 2009)
La CDPA après analyse de la situation qui prévaut à deux mois des élections présidentielles de 2010, constate que:
- les réformes constitutionnelles et institutionnelles notamment le choix du mode de scrutin, la limitation des mandats présidentiels ainsi que l’adoption d’un régime politique, n’ont fait l’objet d’aucun consensus au sein de la classe politique;
- depuis un certains temps, la sérénité qui a marqué la signature de l’APG a fait place à une montée de fièvre préjudiciable à un débat serein sur les projets de société des divers candidats.
- les récentes rencontres de Ouaga ont démontré à suffisance l’incapacité des acteurs partie prenante à s’entendre sur un minimum pouvant garantir le déroulement des élections libres démocratiques et transparentes dans un climat politique apaisé; ce qui a pour conséquence de susciter le scepticisme et la démobilisation autour du prochain scrutin;
- les conditions techniques dans lesquelles se déroule la révision du fichier électoral suscitent des inquiétudes.
Fort de ces constats, la CDPA manifeste sa plus vive préoccupation face à la confusion dans laquelle se trouve actuellement le pays, confusion qui risque d’hypothéquer durablement la sortie de crise au Togo.
La CDPA lance un appel à tous les Togolais et particulièrement à la classe politique pour qu’ils prennent conscience de la confusion ainsi créée.
Pour sa part, la CDPA n’entend pas assister en spectatrice à la dégradation de la situation. La CDPA prendra toutes ses responsabilités en s’impliquant dans les débats et en proposant des solutions pour la sortie d’une crise qui n’a que trop duré.
La CDPA estime que la période allant de la signature de l’APG au scrutin présidentiel de 2010 aurait dû être l’occasion pour mettre la balle à terre et procéder à la mise en œuvre des recommandations essentielles de l’APG, balisant ainsi la voie à la possibilité d’une alternance dans la sérénité. Ce ne fut pas le cas et il faut en tirer toutes les conséquences.
La CDPA considère qu’il est illusoire de croire que des solutions miracles nous viendraient d’ailleurs. Sans volonté et courage politiques des acteurs togolais eux-mêmes, les multiples périples à Ouaga ou dans d’autres capitales seraient stériles.
En tout état de cause, la CDPA souhaite vivement que le scrutin présidentiel de 2010 ne soit pas un simple épisode de plus. Elle souhaite vivement que ce scrutin soit l’occasion de mettre définitivement fin au cycle « élections-violence- dialogue », puis « élections-violence- dialogue »….
La CDPA réitère donc son souhait que 2010 soit le début d’une ère nouvelle pour nous: une ère nouvelle où, la préoccupation des filles et fils de notre pays, au-delà de leurs différences doit être le Togo d’abord! Le Togo pour tous, tous pour le Togo! C’est dans cet esprit que, dans les tout prochains jours, une assise extraordinaire du parti sera tenue pour se prononcer sur son rôle dans un scrutin qui représente un enjeu majeur pour le peuple togolais.
Lomé, le 31 décembre 2009
Le Secrétaire Général
Prof. L. M. Gnininvi
Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
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