(Agbéyomé Kodjo, OBUTS, Lomé, Togo, 30 avril 2010)
Le
Bien-être des
travailleurs repose tant
sur la vérité des urnes que sur la vérité des comptes!
Le 1er mai est symbole
par excellence de la fête des travailleurs et du travail. Nous avons
tous rêvé
qu’en cette année 2010, dans des conditions normales, ce jour aurait dû
clairement marquer le début d’une nouvelle ère de gouvernance qui engage une
autre politique caractérisée par la justice sociale!
C’est le sens des propositions
que nous avions faites durant la campagne électorale, notamment les 21
mesures
d’urgence, destinées à commencer immédiatement à rendre leur vie
quotidienne
plus agréable. Nous rappelons pour mémoire qu’au chapitre social de
celles-ci
figuraient les mesures suivantes:
- Régulation de coût des produits de première
nécessité, pour soulager les dépenses du panier de la ménagère,
réévaluation et
réajustement des salaires dans l’administration, les secteurs de la
santé, de
l’éducation et des forces de sécurité des bourses et des pensions,
- Réhabilitation des centres de santé, amélioration
de la prise en charge des indigents, prise
en charge gratuite des femmes se trouvant dans l’obligation d’accoucher
par
césarienne
- Paiement de12 mois de salaire brut aux fonctionnaires admis à
la retraite en 2010.
- Octroi d’un prêt équivalent à un mois de
salaire, remboursable sans intérêt sur une période de 12 mois, à la
veille de
la rentrée scolaire à tout fonctionnaire ayant des enfants scolarisés.
Pour
accompagner ces mesures, nous proposions un plan de relance économique,
sociale
et de développement du Togo, par le renforcement des infrastructures de
base, la
promotion des investissements et l’établissement d’un véritable
partenariat entre
les pouvoirs publics et le secteur privé pour commencer à résorber le
chômage!
Ces mesures auraient eu des
effets immédiats pour l’amélioration de la situation des travailleurs et des
familles, et si nous étions dans la normalité démocratique, les
travailleurs du
Togo auraient déjà, en ce 1er mai 2010, pu témoigner du
soulagement
apporté par les premières décisions du gouvernement d’alternance issu de la
vérité des urnes qui serait déjà au travail. Au lieu de cela ils ont
entendu le
Président sortant déclarer le 26 avril: «Ne penser qu’à
soi est la peste à combattre surtout si on
l’associe au sentiment qu’il faut tout attendre de l’Etat». Une
manière de leur signifier que si Faure Gnassingbé est en situation de
continuer
sur la lancée de 2005-2010, la situation des travailleurs et des
millions de
familles du Togo ne fera qu’empirer!
Aujourd’hui 61,7%
des Togolais sont «pauvres», et 6 Togolais sur dix vivent en dessous
du seuil
de pauvreté, estimé à moins de 20.000 FCFA par mois à Lomé, 13.000 FCFA
par
mois dans les Régions Centrale, de la Kara et des Savanes. Sur
cette base 24% des habitants de Lomé sont très pauvres, contre 69% des
populations de la Région Maritime , 56% de celles de la Région des Plateaux, 78%
des populations de la Région Centrale , 75% de celles de la Région de la Kara et 91% de celles de la Région des Savanes, alors
quela malnutrition et
la famine affectent plus de 62% des populations, avec le paradoxe que
les zones
rurales, par nature à vocation agricole, sont les plus concernées.
Pouvoir vivre de son travail, manger
à sa faim, se soigner sont des droits humains fondamentaux inscrits en
toutes
lettres dans la déclaration universelle des droits de l’homme, que nous
voulons
faire respecter aussi au Togo, ce qui est encore loin d’être le cas!
Mais
rien n’est jamais perdu par avance. Tant qu’il reste un souffle de vie,
tant
qu’il reste une lueur d’espoir, alors tout est permis aux bonnes
volontés, même
les plus grandes choses qui paraissent inaccessibles!
Aujourd’hui, dans toutes les
villes du pays comme à Lomé, les millions de marcheurs du samedi, qui
sont aussi
des travailleurs à part entière, au-delà de leur combat pour la vérité
des urnes,
luttent également pour l’amélioration de leur vie quotidienne, pour la
justice
sociale et la réduction des inégalités. Cette quête d’un bien être
meilleur, ne
se peut sans connaitre l’indispensable vérité des comptes publics! Ils disent d’une autre manière
qu’ils
luttent pour donner un réel contenu, politique, et surtout économique et
social, à l’alternance politique qui pour l’instant leur est refusée et
qu’ils
appellent de tous leurs vœux. Par leur détermination, ils démontrent que le
peuple Togolais a foi en lui-même!
À défaut de l’entêtement du
pouvoir sortant à ne pas reconnaître la victoire consacrée par les
urnes, du
candidat du FRAC, ils luttent pour un gouvernement de transition, à
terme et
mandat précis, qui doit jeter avant tout les bases de la bonne
gouvernance.
C’est le préalable nécessaire à l’organisation d’un nouveau scrutin
libre et
transparent auquel toutes les forces ayant participé à l’élection
présidentielle seront parties prenantes. Ce n’est qu’ainsi que peuvent
s’offrir
à toutes les filles et à tous les fils du Togo tout entier des
perspectives d’avenir
radieuses!
Le Togo doit pouvoir aider sa
population à accéder à des emplois décents et des activités
productives!
C’est le sens même de notre combat que nous invitons de tout cœur à
rallier
massivement tous les travailleurs de tous horizons. Seule notre foi en
nous-mêmes et en l’avenir de notre Mère Patrie ouvrira sous nos pas le
chemin
de la Dignité
et de la Prospérité
partagée!
En avant la Résistance Citoyenne,
pour que vive un Togo Libre et Prospère! Que Dieu bénisse le Togo et
chacun de ses enfants!
Fait à Lomé le, 30 avril 2010,
Le Président National d’OBUTS,
Agbéyomé Kodjo