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CDPA-BT: COMMUNIQUÉ DE PRESSE

(CDPA-BT,   www.cdpa-bt.net,  Lomé, Togo,  30 mai 2010)


Conformément à l'annonce faite par Gilchrist Olympio le 26 mai 2010, l’UFC participe désormais au gouvernement dans le cadre du régime d’Eyadema sous la houlette de Faure Gnassingbe. La tendance pro-Fabre a déclaré n’être pas concernée par cette décision qu'elle qualifie d'unilatérale. Elle vient de proclamer avoir exclu Gilchrist Olympio de l’UFC. Avec désormais deux tendances en confrontation, la confusion atteint son comble au sein de l'UFC. En attendant d’y voir plus clair, la CDPA BT déclare ce qui suit:

1. La décision prise par la tendance Gilchrist Olympio de faire entrer l'UFC dans le gouvernement est une des conséquences regrettables des conditions dans lesquelles J-P Fabre est proclamé candidat du parti aux élections du 4 mars 2010, et des conditions dans lesquelles le FRAC est créé pour soutenir cette candidature. La gravité de la décision mesure la profondeur de la crise qui déchire l'UFC depuis maintenant quatre mois, et dont on voit encore mal l’issue.

2- Mais indépendamment de cette crise, la direction de l’UFC, toutes tendances confondues, n’a pas d’autres choix que de tout faire cette fois-ci pour entrer d'une manière ou d'une autre dans le gouvernement sous la houlette de Faure Gnassingbe. A partir du moment où elle a accepté de participer aux élections en sachant bien que le régime a recréé les conditions habituelles pour empêcher l’opposition de prendre le pouvoir au lendemain des urnes, et dans la mesure où le FRAC, comme on devait s’y attendre, a fini par démontrer son incapacité à aller, selon ses propres termes, "arracher le pouvoir" à Lomé 2, la direction de l'UFC ne peut réaliser son vieux désir de “partage du pouvoir” qu'en collaborant plus directement et plus ouvertement avec le régime.

3- En réalité, les deux tendances en confrontation poursuivent le même but: entrer dans le gouvernement pour tenter de “partager le pouvoir” avec les hommes du régime. Seuls, les moyens diffèrent d’une tendance à l’autre. Le “Soit …Soit” du 1er Vice Président de l’UFC le montre bien (voir l’interview de Patrick Lawson réalisée par Sylvio Combey: "Il n’y a que deux issues ..." 24/05/2010). Si on ne peut pas “arracher le pouvoir” à Faure Gnassingbe par “les révolutions populaires pacifiques ponctuées de prières”, il faut bien se résoudre à “faire une transition qui va aboutir sur un partage de pouvoir intégral…”.

De ce point de vue, la campagne de diabolisation dont Gilchrist Olympio fait l’objet est injuste et pourrait paraitre viser des préoccupations inavouables. Quelle que soit la forme qu’elle prend et quels que soient les moyens qu’elle utilise, la politique du “partage du pouvoir” est dans tous les cas désastreuse pour la lutte d’opposition.

4- Devant une telle situation, convaincue que le régime de dictature est toujours là comme tout le monde le reconnaît, y compris les hommes du FRAC,
a- La CDPA-BT déplore la décision de la tendance Olympio de l’UFC. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas pu prendre le pouvoir au régime de dictature qu’il faut se dédire et aller solliciter un “partage du pouvoir” avec lui. La décision de la tendance Olympio de l’UFC porte un grave préjudice à l’ensemble de l’opposition.
b- La CDPA-BT observe qu’en prenant cette décision, la tendance Olympio de l’UFC ne fait autre chose qu’emboiter le pas aux partis d’opposition qui ont déjà rejoint le régime depuis 2004 (CPP, PDR) et ceux qui ont déjà participé au gouvernement à partir de 2006 en avançant les mêmes arguments trompeurs (CAR, CDPA, UDS),
c- La CDPA-BT estime que les arguments avancés par Gilchrist Olympio pour justifier sa décision sont fallacieux et trompeurs. Ceux qui avaient accepté avant lui de participer au gouvernement sous Eyadema comme sous Faure Gnassingbé avaient avancé les mêmes arguments pour se justifier. Mais l’économie du pays n’en est pas moins restée déliquescente et la grande masse de la population continue de vivre dans la misère.

5- Tirant les leçons du passé, la CDPA-BT réaffirme ce qui suit:
a- La CDPA-BT continue la lutte pour la fin du régime d’Eyadema dont Faure Gnassingbe a la charge depuis février 2005.
b- Le développement du pays et le progrès des conditions de vie de la grande masse de la population ne sont pas possibles tant que le régime en place continuera de contrôler tous le pouvoir d’Etat. Si les partis d’opposition qui partagent ou ont déjà partagé le pouvoir avec le régime n’ont pas sorti la population de la misère, la tendance de l’UFC qui va à son tour au gouvernement ne le fera pas mieux qu’eux.
c- Si le courant dominant de l’opposition n’est pas parvenu jusqu’aujourd’hui à prendre le pouvoir après des élections bidon, c’est faute d’une bonne organisation pour définir et conduire une véritable politique d’opposition. C’est pourquoi la CDPA BT ne se bat pas encore pour le pouvoir mais pour une politique alternative d’opposition, et qu’elle propose pour cela le MFAO, une organisation citoyenne capable de porter cette politique.
d- En conséquence, la CDPA-BT continue et continuera inlassablement de demander à tous ceux qui veulent un Togo libre et démocratique de se mettre ensemble pour construire le MFAO. Quand on est engagé dans une voie qui conduit toujours dans l’impasse, il faut avoir le courage d’en essayer une autre.


Fait à Lomé, le 30 mai 2010
Pour la CDPA-BT
Le premier Secrétaire
Prof. E. Gu-Konu

Convention Démocratique des Peuples Africains - Branche Togolaise (CDPA-BT)
Site internet: http://www.cdpa-bt.net
Courriel: cdpa-bt.cdpa-bt@orange.fr
BP 13963; Tél./Fax: 250 86 88/ 225 38 46; 320 30 93; Fax: 225 38 46; Lomé - Togo

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